Belgique

Liège : cent ans après, retour en images sur les inondations de 1925-1926

La nuit de la Saint-Sylvestre, les Liégeoises et les Liégeois se retrouvent les pieds dans l’eau. Laurent Brück indique qu’il y a eu des inondations en 1926, 1740 et dans les années 1640, les niveaux de certaines de ces inondations étant encore plus hauts.


C’est après plusieurs jours de pluie et la fonte des neiges que la Meuse et ses affluents débordent. Lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, les habitants de Liège se retrouvent dans l’eau. « On ne s’attendait pas à avoir les grandes eaux, » se rappelle une résidente dans une archive de 1976. « On voyait bien que les eaux montaient, et cela me faisait peur. »

Ces inondations ont laissé une empreinte durable dans les mémoires. Aujourd’hui encore, des plaques commémoratives présentent à divers endroits de la ville le niveau maximum atteint par l’eau. Laurent Brück, géographe et urbaniste à Liège, nous montre l’une de ces plaques à l’entrée de l’église Saint-Denis, rue de la Cathédrale. « Si je me mets ici à côté, cela signifie que j’aurais eu de l’eau jusqu’ici, à hauteur du mi-corps. »

L’impact de ces inondations est inoubliable. À tel point qu’elles sont intégrées dans la pierre de la cathédrale Saint-Paul, où des marques indiquent les crues les plus importantes. « On retrouve une ligne gravée pour l’inondation de 1926, mais il y a eu d’autres inondations où le niveau était encore plus haut. Par exemple, l’inondation de 1740 est ici, et encore plus haut, celle des années 1640, » nous explique Laurent Brück.

Les inondations, bien que récurrentes à Liège, étaient particulièrement dévastatrices cette fois-ci. À la suite des événements, d’importants travaux sont menés pour prévenir de futures catastrophes, notamment le long des quais de la dérivation. « On voit, en pierre, la partie ancienne du mur qui date du 19e siècle. La partie en béton qui se trouve au-dessus a été ajoutée dans les années 30 pour augmenter la capacité du chenal d’accueil en cas de crue, » précise Laurent Brück.

C’est également à cette période que naît l’AIDE, l’intercommunale chargée du démergement pour la province de Liège. Des stations de pompage puissantes sont installées pour rediriger l’eau vers la Meuse.

Les « inondations du siècle » ont provoqué une prise de conscience tant politique que technique. Dans le quartier d’Outremeuse, de nombreuses maisons sont expropriées afin d’être reconstruites quelques mètres plus loin pour élargir le passage de l’eau. Ces aménagements ont prouvé leur efficacité, car le centre-ville de Liège n’a plus connu de telles inondations depuis un siècle.