Belgique

Moins de bruit et d’effets : dilemme des feux d’artifice du réveillon.

Dans son magasin spécialisé de Templeuve, près de Tournai, Bertrand Mariage explique que seulement 10% des articles proposés sont des artifices à bruit contenu. Selon lui, ces produits moins bruyants ne représenteraient que 5% des ventes chez cet artificier.


Chaque réveillon du Nouvel An s’agrémente de festivités, mais aussi de débats récurrents autour des feux d’artifice. Bruit, réveils nocturnes, animaux effrayés ou voisins mécontents : les nuisances sonores sont souvent un sujet de discussion.

Dans son magasin spécialisé à Templeuve, près de Tournai, Bertrand Mariage souligne que cette préoccupation a conduit à la création, il y a quelques années, d’une catégorie spécifique de produits.

« Les effets à bruit contenu, c’est quelque chose qui a été mis au point il y a quelques années suite à une certaine demande de réaliser des effets artifices qui font entre guillemets moins de bruit », explique-t-il.

Cependant, cette évolution demeure marginale dans son offre, avec seulement 10 % des articles proposés qui sont des artifices à bruit contenu.

Des artifices pensés pour limiter le bruit

Concrètement, les feux d’artifice à bruit contenu reposent sur des principes différents de ceux des modèles traditionnels. Bertrand Mariage évoque d’abord des artifices de sol, comme les fontaines d’étincelles, qui projettent des effets lumineux à quelques mètres de hauteur.

« Ce sont des fontaines d’étincelles qui vont aller à 5 ou 6 mètres de haut et qui vont au pire créer un crépitement », précise-t-il.

Pour les batteries tirées vers le ciel, le fonctionnement repose sur une explosion initiale au sol, moins perceptible à distance. « À la base, il y a une explosion, mais étant donné que l’explosion se fait au sol, elle est moins propagée dans l’air », explique le responsable du magasin.

Cette conception permet de réduire l’impact sonore dans le ciel, mais limite aussi la palette d’effets possibles, en raison de l’absence d’explosions aériennes classiques. Ces artifices à bruit contenu ne s’élèvent en outre qu’à quelques mètres, alors que les feux d’artifice traditionnels peuvent atteindre quarante mètres de haut.

Une solution jugée peu attractive pour le public

Malgré leur existence, ces produits peinent à attirer les consommateurs. Selon Bertrand Mariage, ils ne représentent qu’une faible part de ses ventes. « À priori, ça n’intéresse pas le consommateur », affirme-t-il, précisant que ces achats sont souvent motivés par l’absence d’autre possibilité. Ces produits moins bruyants ne représenteraient que 5 % des ventes chez cet artificier.

Si ces artifices peuvent s’intégrer dans un spectacle plus large, un feu exclusivement composé de produits à bruit contenu semble à ses yeux peu pertinent.

« Faire un feu d’artifice en soi, uniquement à base de feux d’artifice à bruit contenu, ce n’est pas une solution », conclut-il, soulignant les limites visuelles et commerciales de cette alternative face aux attentes traditionnelles du public.