New York : Mamdani, nouveau maire de la « Big Apple », doit relever des défis majeurs
Zohran Mamdani prendra officiellement la mairie de New York ce mercredi à minuit, avec des dizaines de milliers de personnes attendues pour célébrer le passage à la nouvelle année sur Times Square. Le nouvel édile a été élu le 4 novembre sur un programme d’opposition franche à Donald Trump, et ses promesses incluent la construction de 200.000 logements abordables et le gel des loyers de plus d’un million d’appartements.
Ça y est. Zohran Mamdani prendra officiellement ce mercredi à minuit la mairie de New York, où de nombreux défis attendent ce démocrate de 34 ans, élu avec d’ambitieuses promesses de gauche et une opposition directe à Donald Trump. Au moment où des dizaines de milliers de personnes célébreront le passage à la nouvelle année sur Times Square, c’est dans une station de métro désaffectée de Manhattan, qui desservait autrefois l’hôtel de ville, que le nouvel édile prêtera serment.
Le choix de ce lieu, chef-d’œuvre architectural datant de la création du métro en 1904, n’est pas un hasard pour cet élu qui y voit le symbole d’« une ville qui osait être à la fois belle » et « capable de transformer la vie des classes laborieuses ». La personne qui lui fera prêter serment n’est pas moins significative : Letitia James, procureure générale de l’État de New York et ennemie proche de Donald Trump, dont elle avait obtenu la condamnation en 2024 dans une vaste affaire de fraudes. Le président américain a depuis lors tenté de la faire inculper à plusieurs reprises, sans succès.
Cette cérémonie d’investiture en petit comité sera suivie d’une autre jeudi à la mi-journée à l’hôtel de ville, présidée par deux figures de la gauche américaine, le sénateur Bernie Sanders et la représentante Alexandria Ocasio-Cortez. Des dizaines de milliers de personnes sont attendues pour une grande « fête de quartier », avec retransmissions sur écrans géants, musiques et performances le long de Broadway.
Élu le 4 novembre sur un programme d’opposition franche au président américain, notamment sur l’économie et l’immigration, Zohran Mamdani a par ailleurs eu un échange étonnamment chaleureux avec Trump à la Maison-Blanche, où les deux hommes ont échangé des compliments.
Donald Trump a-t-il pour autant mis de côté ses menaces, exprimées pendant la campagne, d’envoyer la Garde nationale à New York ou de couper les subventions fédérales à la ville ? « Si demain Stephen Miller (proche conseiller de Donald Trump) ou JD Vance […] suggèrent au président d’envoyer plus de policiers de l’immigration à New York, il le fera », estime Lincoln Mitchell, professeur de sciences politiques à l’université Columbia. De plus, les électeurs du nouveau maire « attendent réellement » qu’il s’oppose fermement à la Maison-Blanche.
Jeune élu local de l’arrondissement du Queens sans longue expérience politique, Zohran Mamdani aura fort à faire pour mettre en œuvre ses promesses de campagne, qui suscitent de grandes attentes. Membre de la petite formation des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), il a bâti l’essentiel de son programme autour du coût de la vie, devenu prohibitif pour une partie des 8,5 millions d’habitants de New York, en particulier en ce qui concerne le logement.
Son prédécesseur Eric Adams, dont le bilan a été entaché par des accusations de corruption, a cherché à compliquer une mesure phare, le gel des loyers de plus d’un million d’appartements, en nommant ou renommant plusieurs de ses proches au comité chargé de la décision.
Les modalités des autres promesses de Zohran Mamdani – construction de 200.000 logements abordables, garde d’enfants accessible à tous, supermarchés publics à bas prix, gratuité des bus – ne sont pas encore connues. Mais il devra rapidement faire des annonces pour les concrétiser. Premier maire musulman de New York et soutien de longue date de la cause palestinienne, très critique envers Israël, l’élu est conscient d’être étroitement surveillé sur la question de l’antisémitisme.

