Belgique

Mobilisation des bourgmestres et citoyens pour rencontrer le ministre de la Mobilité.

Du 23 au 28 décembre, le nord de Bruxelles a enregistré 1 217 atterrissages sur la piste 07L. Plus de 6 000 vols ont déjà survolé les zones les plus densément peuplées de Bruxelles cette année, faisant de 2023 la deuxième pire année en dix ans.


Du 23 au 28 décembre, le nord de Bruxelles a été témoin d’un flux constant d’avions dans son ciel. David Aubin, habitant de Jette et membre du collectif Free Air Brussels North, a déclaré : « En heure de pointe, on est à un atterrissage toutes les deux à trois minutes, sans interruption. »

Ces six jours particuliers sont attribués à des conditions de vent, selon Philippe Touwaide, médiateur fédéral de l’aéroport : « Le vent était tellement fort qu’il empêchait l’utilisation de toutes les autres pistes, et la seule possibilité était d’atterrir sur la piste 07 gauche, qui prévoit un alignement à partir de Lennik, en traversant Dilbeek, Molenbeek, Koekelberg, Schaerbeek, Evere et Haren, pour atterrir à Diegem. »

### Une demande d’étude d’incidence

Les bourgmestres des communes concernées contestent les affirmations du médiateur fédéral. Olivia P’tito, bourgmestre de Koekelberg, a déclaré : « Les normes de vent relèvent d’une législation et comportent donc des dimensions techniques, mais il n’y a pas que cela. Invoquer en permanence les obligations et directives européennes pour justifier le fait de survoler les zones les plus densément peuplées, c’est faire fi d’autres normes européennes, qui imposent aussi de prévoir des alternatives. Or ici, je ne vois pas les alternatives, je ne vois pas non plus d’étude d’incidence concernant le survol de 450 000 habitants de Bruxelles. »

Les bourgmestres de Schaerbeek, Molenbeek et Koekelberg ont tenté de joindre le ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), mais n’ont pas encore reçu de réponse. « On réclame que le survol cesse et que cette route ne soit pas pérennisée. On souhaite rencontrer le ministre Crucke afin d’avoir un dialogue avec lui, car nous sommes convaincus que des alternatives existent, » ont-ils indiqué.

Olivia P’tito a également évoqué la nécessité d’une discussion sur cette route jugée temporaire : « Ce qui nous a été présenté comme temporaire et exceptionnel, justifié au mois d’août par des travaux sur des pistes de l’aéroport devenues inaccessibles, est finalement devenu ni exceptionnel ni temporaire, et nous ne voulons en aucun cas que cela soit pérennisé. »

Les collectifs citoyens Free Air Brussels North, Stop Survol Bxl Nord et RNP 07L demandent une étude d’incidence pour évaluer des alternatives sûres et conformes aux normes européennes. Ils appellent également à mettre fin aux atterrissages par cette route survolant Bruxelles.

### Plus de 1200 atterrissages en décembre

Selon les chiffres fournis, 1 217 atterrissages ont été enregistrés sur la piste 07L en décembre. Plus de 6 000 vols ont survolé cette année les zones les plus densément peuplées de Bruxelles, faisant de cette année la deuxième pire en dix ans. Dernièrement, jusqu’à 98 % des atterrissages auraient suivi cette route.