La revue de presse : de l’autoritarisme de Donald Trump au technofascisme.
Donald Trump annonce que 95% de l’accord pour mettre fin à la guerre en Ukraine serait conclu. Depuis son élection, l’empire familial aurait gagné 4 milliards de dollars.
Donald Trump est au centre des discussions concernant la paix entre la Russie et l’Ukraine, selon une analyse du journal L’Echo. Les négociations avancent mais reculent régulièrement, comparables au pas d’Echternach, une procession dansante du Luxembourg où les participants avancent de trois pas puis reculent de deux. Trump a déclaré que 95% d’un accord pour mettre fin à la guerre en Ukraine serait conclu, ce qui constitue deux pas en avant. Cependant, 24 heures après, Moscou a exprimé sa menace de réévaluer sa position en raison d’une attaque de drones ukrainiens, une assertion que Kiev a démentie, marquant ainsi trois pas en arrière.
Bien que ces négociations progressent lentement, il est possible qu’elles aboutissent, comme le rappelle L’Echo. Si un jour l’Ukraine établit un accord avec son agresseur, les Européens devront assumer leurs responsabilités. Cet accord reposera sur des « garanties de sécurité », mais les engagements américains risquent d’être précaires, avertit le journal, notant que « la crédibilité du positionnement des Européens, la force de dissuasion qu’ils seront capables de mobiliser dans les mois et années à venir déterminera leur avenir. »
Par ailleurs, Trump est également impliqué dans de nombreux autres dossiers sur la scène internationale. L’éditorialiste de Libération souligne une constante : la brutalité du président américain dans sa démarche. Selon le quotidien français, « de toute évidence, l’autoritarisme est chez Trump une nature profonde« , tant dans ses méthodes pour traquer les migrants que dans sa diplomatie. Sur le plan international, il semble que tout accord doive générer des bénéfices financiers pour la famille Trump. Depuis son élection, la dynastie familiale aurait cumulé 4 milliards de dollars de gains. Dans le cadre des négociations avec l’Ukraine, Libé suggère que le clan Trump pourrait chercher une rémunération sous forme de cryptomonnaies.
Le président américain prépare également sa future bibliothèque présidentielle, un gratte-ciel à Miami qui sera visible de loin et servira d’hommage durable à ses réalisations, un « temple éternel » à la gloire de sa présidence. Le correspondant de La Libre Belgique à New York évoque ce projet en cours loin des projecteurs. À l’instar de ses prédécesseurs, comme Barack Obama à Chicago ou Ronald Reagan en Californie, Trump envisage de construire ce complexe pour archiver sa présidence et présenter son mandat sous un jour favorable. Les coûts des musées présidentiels ont explosé : 500 millions de dollars pour celui de George Bush à Dallas, 1 milliard pour celui de Barack Obama, et Trump ne devrait pas faire dans la demi-mesure. Ironiquement, le site choisi pour cette construction est proche du littoral, risquant d’être affecté par la montée des eaux due au changement climatique.
Le Soir aborde le sujet du culte de la personnalité, un des signes caractéristiques du « fascisme éternel » selon Umberto Eco. Le quotidien évoque le mot de l’année 2025 plébiscité par les internautes du Soir et de la RTBF : technofascisme. Ce dernier est défini comme une « doctrine politique qui cherche à démanteler les démocraties libérales pour instaurer un régime autoritaire en s’appuyant sur les algorithmes et les réseaux sociaux afin de manipuler les comportements collectifs et de contourner les mécanismes représentatifs. » Le Soir souligne que ce terme, lourd de sens, résonne comme un véritable alert. Il évoque le salut nazi d’Elon Musk ou les dérives masculinistes de Mark Zuckerberg, des exemples où des dirigeants de grandes entreprises technologiques agissent comme des chefs d’État autoritaires.
Outre le culte de la personnalité, Eco identifie d’autres caractéristiques du fascisme : l’expansionnisme, le rejet des institutions, un nationalisme exacerbé, un discours anti-migrant sans complexe, le solutionnisme technologique, ainsi que le rejet de la mondialisation et du politiquement correct, en plus des techniques d’influence massive de l’opinion. Les points communs entre les démarches des géants de la technologie et celles des régimes autoritaires sont inquiétants, selon le quotidien, qui rappelle que le technofascisme ne s’est pas imposé seul, mais parce que nous avons accepté la concentration des plateformes, délaissé des espaces d’information de qualité et sacrifié nos données personnelles pour des promesses de services bénéfiques. La réponse doit être urgente et claire pour Le Soir : il est nécessaire de réintroduire le débat démocratique là où l’on nous propose de la neutralité.

