Chômage, pensions, taxes, poste et énergie : grands changements au 1er janvier 2026
La réforme des allocations de chômage sera mise en œuvre à partir du 1er mars 2026, avec une phase transitoire débutant le 1er janvier 2026, affectant environ 21.500 personnes, dont plus de 13.000 en Wallonie. À compter du 1er janvier 2026, la déductibilité des véhicules thermiques de société sera annulée pour tous les véhicules commandés à partir de cette date.

Réforme des allocations de chômage
La réforme des allocations de chômage sera mise en place à partir du 1er mars 2026, avec une nouvelle phase transitoire commençant le 1er janvier 2026, entraînant la suppression du droit aux allocations pour une première vague de demandeurs d’emplois.
Les demandeurs d’emplois ayant accumulé au moins 20 ans de chômage complet au cours de leur carrière, ainsi que ceux dont le droit aux allocations a été ouvert au plus tard le 1er janvier 2025, seront concernés par cette première vague. Ces individus ont été informés par courrier. Environ 21.500 personnes sont touchées, dont plus de 13.000 en Wallonie.
Une seconde vague touchera les demandeurs d’emploi ayant accumulé entre 8 et 20 ans de chômage complet et perdra son droit aux allocations au 1er mars 2026. Les personnes ayant moins de 8 ans de chômage complet perdront ce droit au 1er avril 2026. Ces exclusions se poursuivront progressivement jusqu’au 1er juillet 2027, avec des courriers envoyés progressivement aux personnes concernées.
Les chômeurs qui, au plus tard le 31 décembre 2025, suivent une formation pour un métier en pénurie verront exceptionnellement et sous certaines conditions la date de fin de leur droit prolongée jusqu’à la fin de la formation. Une dérogation est également prévue pour ceux de plus de 55 ans justifiant de 30 ans de carrière à minima à mi-temps, incluant des périodes assimilées dans le calcul comme des arrêts maladie, d’invalidité, ou d’accidents de travail.
Cette condition de carrière passera à 35 ans à partir de 2030. En tout, près de 103.000 personnes devraient être exclues jusqu’à l’été 2027.
Entrée en vigueur du nouveau bonus pension
Un nouveau système de bonus pension entre en vigueur ce 1er janvier, bien que le texte de loi n’ait pas encore été voté et sera appliqué rétroactivement.
Le bonus pension est accordé aux travailleurs qui reportent leur pension après leur date légale, sous deux conditions : avoir une carrière de 35 années avec au moins 156 jours de travail effectif par année et un total de 7020 jours de travail effectif sur l’ensemble de leur carrière.
Le bonus par an de travail au-delà de l’âge légal de la pension est fixé à 2% pour les personnes nées en 1962 ou avant, à 4% pour celles nées entre 1963 et 1972, et à 5% pour celles nées à partir de 1973.
Les congés pour soins, congé de maternité, congé de paternité, service militaire et le chômage temporaire sont comptés comme des jours de travail effectif.
Le malus pension, appliqué à ceux qui prennent une pension anticipée sans répondre aux nouvelles exigences, débutera à partir de 2027.
La politique de retour au travail des malades de longue durée renforcée
La politique de « retour au travail » des malades de longue durée est renforcée à partir du 1er janvier. Il s’agit de la troisième vague de mesures destinées à remettre au travail les malades de longue durée.
Au cœur des nouvelles dispositions, une plus grande « responsabilisation » est attendue des personnes en incapacité de travail, ainsi que des mutuelles, des médecins ayant prescrit l’incapacité, et des employeurs.
Ces derniers seront tenus de consulter le conseiller en prévention ou le médecin du travail pour lancer un projet de réintégration du travailleur durant les six premiers mois de l’incapacité de travail, si le travailleur possède un « potentiel de travail » suffisant. Les malades seront classés en catégories sur la base de leur « potentiel de travail ».
Les médecins ne pourront plus prescrire de périodes d’incapacité dépassant trois mois durant la première année, et la participation du malade sous contrat de travail aux rendez-vous avec le conseiller en prévention – médecin du travail, sera obligatoire, sous peine de sanctions après un certain nombre d’absences.
Si l’incapacité de travail se prolonge au-delà de six mois sans interruption, l’employeur ou le travailleur pourra mettre fin à leur contrat pour cause de force majeure médicale. Avant cette réforme, cela n’était possible qu’après 9 mois.
Le nombre de jours d’absence, sans certificat médical, passe de 3 à 2 jours
À partir du 1er janvier 2026, le nombre de jours d’absence pour maladie sans nécessité d’un certificat médical à remettre à son employeur sera réduit de trois à deux jours, tant dans le secteur privé que dans le secteur public. Ces deux jours ne devront en aucun cas être consécutifs.
Cette mesure s’inscrit dans le plan du gouvernement fédéral pour réduire l’absentéisme. Une étude de Securex a révélé en mai que, depuis l’entrée en vigueur de la suppression de l’obligation de certificat médical pour les absences d’un jour en 2022, le nombre d’absences avait augmenté de 44%. Dans les grandes entreprises, cette hausse atteignait même 62%.
Tous les détails ici.
Le prix de certains médicaments en hausse
Le remboursement des médicaments de type statine (utilisés pour réduire le taux de cholestérol) et IPP (utilisés pour diminuer la production d’acide dans l’estomac, comme Pantomed ou Nexiam) sera réduit à partir du 1er janvier 2026.
Les IPP resteront remboursés, mais de manière intégrale uniquement pour les affections graves telles que le syndrome de Barrett. Pour d’autres usages, le coût à charge du patient augmentera.
Concernant les statines, elles resteront remboursées pour les personnes qui en reçoivent, mais elles passeront de la catégorie B à la catégorie C, ce qui augmentera légèrement le ticket modérateur à la charge du patient.
Les indépendantes exemptées de cotisations durant deux trimestres après un accouchement
Les mères indépendantes bénéficieront, dès le 1er janvier 2026, d’une dispense automatique de cotisations sociales durant les deux trimestres suivant leur accouchement, au lieu d’un trimestre actuellement. Cette mesure a été confirmée par le cabinet de la ministre des Indépendants Eléonore Simonet (MR).
Cette nouvelle disposition s’ajoute au congé de maternité d’un maximum de 12 semaines à temps plein (dont trois obligatoires), à une aide à la maternité de 105 titres-services gratuits et aux allocations familiales, variant selon les Régions.
Le maximum à facturer s’étend aux soins psychiatriques de longue durée
À partir du 1er janvier 2026, les soins psychiatriques de longue durée seront également soumis au plafond maximum à facturer (MAF) afin de mieux protéger les patients chroniques. Jusqu’à présent, ce dispositif de sécurité sociale ne valait que pour un an.
Le maximum à facturer (MAF) est un mécanisme qui limite les frais de santé annuels par ménage. Une fois ces coûts dépassés, la mutuelle rembourse automatiquement les frais suivants.
So far, cette protection pour les patients psychiatriques ne s’appliquait que pendant les 365 premiers jours d’hospitalisation. Par la suite, ces patients devaient financer eux-mêmes une grande partie des coûts, créant une disparité avec les patients nécessitant des soins de longue durée pour des maladies physiques.
Tarif social énergie et compteurs bi-horaire
Dès ce 1er janvier 2026, le tarif social pour l’électricité augmentera de 9% au premier trimestre 2026, par rapport au dernier trimestre de 2025. En revanche, le tarif social pour le gaz diminuera par rapport au trimestre précédent.
Cependant, à l’avenir, ce sera plutôt l’inverse : les décideurs politiques prévoient d’augmenter les taxes à la consommation sur le gaz et de les réduire pour l’électricité. Le gouvernement wallon a quant à lui prévu la fin du mazout.
Tous les détails sur les prix à venir du gaz et de l’électricité ici.
Aussi, dès le 1er janvier, le compteur bihoraire changera d’horaire en Région wallonne. Que votre compteur soit électromécanique (avec roulette) ou communicant (digit), le changement des plages horaires (heures pleines/heures creuses) se fera automatiquement. Vous n’aurez aucune action à mener ; le changement sera opéré à distance par votre gestionnaire de réseau.
Avant le 1er janvier 2026, les heures pleines étaient de 7 heures à 22 heures et les heures creuses de 22 heures à 7 heures. À partir du 1er janvier 2026, les heures pleines seront de 7 heures à 11 heures et de 17 heures à 22 heures. Les heures creuses incluront désormais aussi la tranche de 11 heures à 17 heures.
Toutes les précisions concernant les changements pour les compteurs bihoraires ici.
Notez aussi qu’à partir du 1er janvier, les services clients des fournisseurs de gaz et d’électricité devront être joignables par téléphone de 9 heures à 17 heures durant les jours ouvrables, ainsi que par email, selon une loi votée en juillet dernier par la Chambre. Cela s’appliquera uniquement aux contrats d’énergie conclus ou renouvelés à partir de 2026.
Installer une chaudière au mazout dans les nouvelles constructions en Wallonie, c’est fini
Installer une chaudière au mazout dans les nouvelles constructions en Wallonie sera interdit à partir du 1er janvier. Cette interdiction s’inscrit dans le cadre du plan air climat énergie wallon.
L’annonce de la baisse de la TVA applicable aux pompes à chaleur à 6% pourrait favoriser cette transition. Si la pompe à chaleur n’est pas adaptée à votre habitation, il est toutefois possible d’installer une chaudière au gaz en Wallonie. À Bruxelles, l’installation de nouvelles chaudières au gaz est interdite dans les nouvelles constructions depuis début 2025.
Pour en savoir plus, cliquez ici.
Changement de règles pour le permis de conduire en Wallonie
À partir du 1er janvier, les candidats au permis de conduire en Wallonie devront suivre l’intégralité de leur parcours d’examens sur le territoire. Bien qu’ils puissent initialement choisir leur Région pour leurs examens, ils devront poursuivre toute leur formation dans cette même Région afin d’éviter les fraudes liées aux différences de règles.
L’interdiction des véhicules diesel Euro 5 et essence Euro 2 à Bruxelles contrôlée
Bruxelles Environnement a confirmé que l’interdiction en Région bruxelloise des véhicules diesel de norme Euro 5 et essence de norme Euro 2 sera contrôlée à partir du 1er janvier 2026. Les propriétaires de ces véhicules recevront un courrier d’avertissement, les informant qu’une amende pourra leur être adressée en cas de nouvelle infraction trois mois plus tard.
Dans cette nouvelle phase de la zone de basses émissions (LEZ), les voitures, camionnettes, bus et camions diesel Euro 5 et essence Euro 2, ainsi que les motos Euro 1 et Euro 2, ne pourront plus circuler dans la Région bruxelloise.
Ces véhicules représentent environ 7% du parc automobile circulant dans la capitale, soit près de 225.000 véhicules uniques sur un trimestre, dont 33.000 immatriculés à Bruxelles, selon Bruxelles Environnement.
Toutes les précisions ici.
Fin de la déductibilité fiscale pour les véhicules thermiques de société
Les véhicules de société thermiques ne bénéficieront plus de déductibilité fiscale à partir du 1er janvier 2026, selon une décision du gouvernement fédéral.
Cette réglementation concerne les véhicules thermiques émettant du CO2 commandés à partir du 1er janvier 2026, incluant les véhicules essence, diesel et hybrides rechargeables.
Les indépendants en personne physique continueront toutefois à bénéficier d’une déductibilité fiscale pour les véhicules hybrides rechargeables. Les véhicules utilitaires légers (jusqu’à 3,5 tonnes), tels que les camionnettes, seront exemptés en raison d’un régime fiscal spécifique.
Les véhicules de société électriques bénéficieront d’un taux de déductibilité de 100% en 2026, taux qui diminuera progressivement, atteignant 67,5% en 2031.
Entrée en vigueur de la taxe sur les plus-values financières
La déductibilité des dons réduite de 45% à 30%
Les pensions alimentaires davantage imposées
L’avantage fiscal des personnes qui versent une pension alimentaire sera progressivement diminué pour atteindre 50%. La déductibilité était de 70% en 2025, contre 80% les années précédentes. En 2026, cet avantage sera de 60%, puis de 50% à partir de 2027.
Cette mesure concerne les pensions alimentaires versées aux enfants ou à un ex-conjoint après une rupture, mais également les frais de maison de repos payés par les enfants pour leurs parents. Les allocations versées à des pays hors de l’Espace économique européen (EEE) ne seront par ailleurs plus déductibles.
Le SPF Justice reconnaîtra des intérêts de retard pour les traducteurs interprètes en 2026
Des intérêts de retard seront appliqués aux paiements tardifs envers les traducteurs et interprètes jurés à partir du 1er janvier 2026.
Selon l’Union professionnelle des traducteurs et interprètes jurés (UPTIJ), tant la jurisprudence européenne que nationale confirment que l’État est tenu de payer des intérêts en cas de retard dans ses obligations de paiement. Une pétition demandant une telle mesure a été signée par environ 1100 professionnels du secteur, selon l’UPTIJ.
Au moins un centre de prise en charge des violences sexuelles par province
Trois nouveaux centres de prise en charge des violences sexuelles (CPVS) ouvriront cette année à Jette, Tournai et Ottignies. Avec l’ouverture de ces trois centres, chaque province du pays disposera d’au moins un centre de ce type.
Les nouveaux centres seront établis au sein de l’UZ Brussel (Jette), de l’hôpital CHwapi (Tournai) et de la Clinique Saint-Pierre d’Ottignies. Ces structures ont été choisies sur la base de critères géographiques, d’infrastructures et d’expertise, ce choix ayant été validé par le Comité de l’assurance de l’Inami.
Ces trois ajouts porteront le total à 13 CPVS en Belgique. Actuellement, 10 centres sont déjà en fonctionnement. Eux sont accessibles en permanence, offrant un soutien psychologique et un suivi médical, ainsi que la possibilité de porter plainte. Selon les estimations, plus de 20.000 personnes ont bénéficié de l’accueil dans ces centres multidisciplinaires en 2025.

