Trump et Netanyahu avertissent le Hamas et l’Iran en Floride
Donald Trump a mis en garde Téhéran six mois après les frappes américaines contre son programme nucléaire, en déclarant : « J’espère qu’ils ne sont pas encore en train d’essayer de se réarmer, parce que s’ils le font, nous n’aurons pas d’autre choix que d’éliminer très rapidement ce réarmement ». Benjamin Netanyahu a qualifié son entrevue avec Donald Trump de « très productive » et a remis à ce dernier la plus haute distinction civile d’Israël, une première pour un non-Israélien.
Depuis les pupitres d’une conférence de presse conjointe tenue dans sa résidence de Mar-a-Lago, le milliardaire a tenu à mettre en garde Téhéran, l’ennemi déclaré d’Israël, six mois après les frappes américaines sur son programme nucléaire. « J’espère qu’ils ne sont pas encore en train d’essayer de se réarmer, parce que s’ils le font, nous n’aurons pas d’autre choix que d’éliminer très rapidement ce réarmement », a-t-il déclaré, en faisant référence tant aux installations nucléaires qu’aux missiles balistiques.
Le président américain a également minimisé les rumeurs de tensions avec le Premier ministre israélien. Israël a « respecté le plan » pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n’avoir « préoccupé par rien de ce que fait Israël ». En revanche, Donald Trump a critiqué le mouvement islamiste palestinien Hamas, en répétant que son désarmement – une des étapes de la deuxième phase du plan pour Gaza – était nécessaire.
**Avertissement envers l’Iran**
« S’ils ne se désarment pas comme ils s’y sont engagés » et « dans un délai relativement court », « ils paieront le prix fort », a-t-il menacé. La branche armée du Hamas a cependant affirmé lundi qu’elle « ne renoncerait pas » aux armes « tant que l’occupation perdurera ».
Benjamin Netanyahu, qui a qualifié son entretien avec le républicain de « très productive », a profité de sa visite pour remettre à Donald Trump la plus haute distinction civile du pays – une première pour un non-Israélien. « Nous n’avons jamais eu d’ami comme le président Trump à la Maison Blanche », a-t-il souligné. « Il peut être très difficile » mais Israël « n’existerait peut-être pas » sans le leadership de Benjamin Netanyahu après les attaques sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, a salué le président américain.
Cette rencontre entre les deux hommes était la cinquième aux États-Unis depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump il y a près d’un an. Benjamin Netanyahu s’était également entretenu plus tôt dans la journée avec le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, et le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth.
Washington souhaite accélérer la mise en œuvre du fragile plan de cessez-le-feu en vigueur depuis octobre dans la bande de Gaza, où Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de violations fréquentes.
**Avertissement envers l’Iran**
Le passage vers la deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l’armée israélienne de Gaza, la mise en place d’une autorité de transition et le déploiement d’une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, est au point mort.
Le média américain Axios rapporte que Washington souhaite faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier.
Donald Trump s’est limité lundi à espérer que la « reconstruction » puisse commencer bientôt dans le territoire palestinien, dévasté par deux années de guerre déclenchée par l’attaque du 7 octobre 2023.
Un des objectifs du déplacement de Benjamin Netanyahu était de souligner le « danger que pose l’Iran » et son programme balistique, « non seulement pour le Moyen-Orient mais aussi pour les États-Unis », selon une porte-parole de son gouvernement. Cela s’apparente à une « tentative de fabriquer un nouveau casus belli » contre l’Iran après « l’argument du nucléaire », a analysé Sina Toossi, chercheur au Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington.
L’Iran « se comporte peut-être mal » en cherchant à se réarmer, mais reste intéressé par un accord avec Washington concernant ses programmes nucléaires et balistiques, a estimé Donald Trump.
Téhéran a dénoncé lundi un climat de pressions « psychologiques » et a menacé Israël de « conséquences plus sévères » en cas de nouvelle attaque, après celle de juin. Donald Trump a également exprimé l’espoir que Benjamin Netanyahu pourrait « s’entendre » avec le nouveau président syrien et ancien jihadiste, Ahmad al-Chareh, après des frappes d’Israël à la frontière syrienne et contre le Hezbollah libanais.

