Khaleda Zia, première femme présidente du Bangladesh, est morte à 80 ans.
Khaleda Zia est décédée à l’âge de 80 ans, laissant son parti, le BNP, orphelin. Son fils, Tarique Rahman, rentré le 25 décembre 2025 après 17 ans d’exil volontaire, dirigera le parti lors des élections législatives du 12 février.
Le Bangladesh est en deuil ce mardi, ayant perdu une de ses figures politiques marquantes. Khaleda Zia, décédée à l’âge de 80 ans, est reconnue comme une pionnière, étant la première femme à avoir dirigé le pays.
Bien qu’elle ait connu des problèmes de santé, elle espérait prolonger sa carrière en menant la campagne du BNP et en visant un siège au Parlement lors des élections prévues en février. Cependant, sa maladie a mis un terme à cette dernière ambition, comme l’a indiqué son parti, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP).
Khaleda Zia avait 45 ans lorsqu’elle est devenue Première ministre pour la première fois, le 20 mars 1991, dans un pays majoritairement musulman. Huit ans auparavant, alors qu’elle avait deux jeunes enfants, elle avait été propulsée à la tête du BNP suite à l’assassinat de son mari, Ziaur Rahman, lors d’un coup d’État militaire en 1981. Malgré les critiques concernant son inexpérience, elle avait pris les rênes de l’opposition et s’était fait respecter par sa détermination.
À un moment, elle avait fait alliance avec Sheikh Hasina, la fille du fondateur du Bangladesh indépendant, Sheikh Mujibur Rahman, tué lors d’un coup d’État militaire en 1975. Son mari, Ziaur Rahman, était alors chef d’état-major adjoint et avait pris le pouvoir trois mois plus tard, rétablissant la démocratie à partir de 1978.
Ensemble, elles avaient mis un terme à un nouvel épisode dictatorial à la suite de l’assassinat de Ziaur Rahman, poussant le dirigeant Hussain Mohammad Ershad à démissionner en 1990, poussées par des manifestations et des grèves, et avaient réussi à restaurer la démocratie.
Cependant, lors des élections de 1991, leur alliance a laissé place à une rivalité intense. Khaleda Zia, victorieuse, a dirigé le pays jusqu’en 1996, année où Sheikh Hasina a remporté les élections. De retour au pouvoir en 2001 grâce au soutien de son fils, Tarique Rahman, Khaleda Zia a terminé son mandat en 2006. À cette époque, le magazine américain Forbes l’avait classée parmi les 100 femmes les plus puissantes au monde. Toutefois, la rivalité avec Sheikh Hasina s’est intensifiée, provoquant une crise politique qui a conduit l’armée à déclarer l’état d’urgence en janvier 2007 et à instaurer un gouvernement intérimaire. Les deux femmes ont été emprisonnées pendant plus d’un an. En décembre 2008, c’est finalement Sheikh Hasina qui a remporté les élections et est redevenue Première ministre.
La lutte entre elles s’est poursuivie. Khaleda Zia et son parti ont décidé de boycotter les élections de 2014. La campagne électorale a été marquée par de nombreuses violences, entraînant une répression sévère contre son camp. Peu après, elle a été accusée de corruption. L’année suivante, son plus jeune fils, Arafat Rahman, décédé d’une crise cardiaque alors qu’il était exilé en Malaisie. Bien que Sheikh Hasina soit venue lui présenter ses condoléances en personne, Khaleda Zia a refusé de l’accueillir.
En février 2018, Khaleda Zia, dont la santé se dégradait, a été condamnée à cinq ans de prison et incarcérée dans une prison spéciale où elle était l’unique détenue. Sa peine a été doublée six mois plus tard, ce qui l’a empêchée de se présenter aux élections de décembre 2018, largement remportées par Sheikh Hasina. Khaleda Zia a alors dénoncé des accusations mensongères destinées « à l’écarter » de la vie politique. En exil depuis 2008 à Londres, son fils Tarique Rahman a également été condamné par contumace à dix ans de prison dans cette affaire.
Malade et utilisant un fauteuil roulant, Khaleda Zia a été autorisée à quitter sa prison en 2020, tout en purgeant sa peine assignée à résidence. Elle a retrouvé la liberté à la chute de sa rivale en 2024. Après un séjour médical en Europe, elle est revenue dans son pays en mai 2025, apparaissant lors de quelques occasions officielles sans prendre la parole.
Sa mort laisse le BNP sans cheffe et fait de son fils, rentré le 25 décembre 2025 après 17 ans d’exil au Royaume-Uni, son unique héritier politique. Il dirigera d’ailleurs le parti lors des élections législatives du 12 février et pourrait être proposé au poste de Premier ministre si son parti obtient la majorité.

