Des supporters ne sont pas déçus par l’ancienne médina de Rabat
Les supporters des sélections participant à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN-2025) se rassemblent dans l’ancienne médina de Rabat pour apprécier le patrimoine de la capitale. Parmi eux, Mohamed Abdallah et Ahmed Othman, deux Soudanais, sont hébergés par une famille marocaine dans un riad de la médina durant leur séjour.
Venant de divers horizons, les supporters des équipes participant à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN-2025) organisée au Maroc ne peuvent résister à l’envie de visiter l’ancienne médina de Rabat, une destination idéale pour découvrir les trésors patrimoniaux de la capitale et vivre une expérience unique mêlant la passion du football et la découverte.
En chantant des hymnes et des slogans en l’honneur de leurs équipes respectives, les foules de supporters, unies par leur amour du ballon rond, trouvent dans l’ancienne médina un autre espace d’expression et de renforcement des liens de fraternité africaine, profondément ancrés dans l’histoire commune et l’imaginaire collectif.
Bien qu’il pleuve des cordes en cette journée hivernale, le froid glacial ne semble pas entamer l’ambiance chaleureuse de la médina. De nombreuses échoppes longeant les ruelles libèrent un mélange enivrant de parfums exotiques (épices, encens, cuir, santal, plats traditionnels…) qui enveloppent le lieu et créent une atmosphère magique. En se promenant dans les étroites ruelles de la médina, les visiteurs ont l’impression d’explorer un espace rempli d’une histoire riche en culture.
Chaque recoin de ce site touristique emblématique révèle, tel un bijou, un fragment d’histoire ou un élément du patrimoine marocain multiséculaire. Au fil de leurs déambulations, les visiteurs sont émerveillés par le magnifique plafond en bois d’essence rare, les moucharabiehs et la belle fontaine ornée de zellige marocain, qui témoignent du talent des architectes et artisans marocains.
À proximité se trouve le courageux « Guerrab » (porteur d’eau traditionnel) avec son chapeau multicolore, sa gourde en cuivre et son sourire constant, qui distribue de l’eau, des sourires et des mots de bienvenue aux supporters étrangers, dont certains découvrent le Maroc pour la première fois.
Sur leur chemin, les visiteurs peuvent flâner entre des dizaines de boutiques et d’échoppes où tapis, textiles, poteries, objets en bois et bijoux traditionnels se disputent la vedette aux drapeaux africains et aux maillots des équipes et des clubs du continent, que les marchands ont massivement en stock pour l’occasion.
Mohamed Abdallah et Ahmed Othman, deux Soudanais venus spécialement pour soutenir les Faucons de Jediane et découvrir le Maroc, sont logés par une famille marocaine dans un riad de l’ancienne médina, ce qui intensifie leur expérience humaine et culturelle. Ils se disaient émerveillés par la gastronomie marocaine après avoir goûté à un délicieux petit-déjeuner préparé par leurs hôtes, et ont partagé avec la MAP leur émotion lors de leur première promenade dans la « ville des lumières ».
Au « Souika », cœur de l’ancienne médina, ils évoquent une mer de supporters, d’origines ethniques et linguistiques variées, venus d’Afrique, d’Europe et du Moyen-Orient, formant un melting-pot qui contribue au rayonnement international de cette CAN marocaine.
Sallou Diallo, un jeune Sénégalais, s’est rendu à Tanger, ville hôte des « Lions de la Téranga », mais n’a pas manqué de faire escale dans la médina de Rabat, où il a été particulièrement séduit par la richesse de l’histoire et l’éclat de l’architecture marocaine. Dans ses déclarations, il admire la capacité du Maroc à rassembler les nations africaines à travers le football, et souligne que les infrastructures permettent d’accueillir un si grand nombre de personnes. Il a profité de son voyage pour faire connaissance avec le peuple marocain et d’autres nationalités présentes.
Diallo a aussi l’intention de goûter à la cuisine marocaine, dont il a beaucoup entendu parler, et de rapporter des souvenirs culturels, dans l’espoir de revenir visiter le Royaume.
Halim, qui a accompagné deux amis de France et du Canada pour soutenir la sélection algérienne, les « Fennecs du désert », n’est pas à sa première visite à Rabat. Habitué de la médina, il apprécie de s’y promener, de découvrir la culture et les marchés traditionnels, ainsi que la simplicité des habitants et leur hospitalité.
Il a exprimé son désir de rapporter des souvenirs culturels pour sa famille, espérant emporter un morceau de l’âme du lieu, estimant que chaque visite à la médina représente une célébration culturelle grâce aux rencontres avec d’autres nationalités.
Ibrahim, venant de Tunisie, a constaté que son déplacement depuis la France pour soutenir les « Aigles de Carthage » constitue une expérience de voyage unique, d’autant plus qu’il visite le Maroc pour la première fois. Il a fait des recherches sur Internet pour identifier les principaux sites, monuments et marchés historiques à visiter et prévoir ses circuits dans les médinas de Rabat et de Marrakech, avant de se rendre à Fès pour découvrir ses légendaires ruelles.
Ibrahim a souligné que la CAN organisée au Maroc lui a offert une occasion idéale de découvrir les cultures, l’artisanat et de goûter la cuisine locale, notant particulièrement la propreté et la modernisation des infrastructures lors de ses déplacements dans la Ville des Lumières.
L’afflux vers la médina ne concerne pas uniquement les supporters étrangers. La Coupe d’Afrique des Nations a également offert l’occasion à de nombreux Marocains vivant à l’étranger de se rendre dans la capitale pour soutenir les Lions de l’Atlas et renouer avec leur culture.
C’est le cas de Rafika, une Marocaine résidant en France, venue avec ses deux enfants, Adam et Adil, pour encourager l’équipe nationale. Elle exprime avec bonheur et fierté que la médina de Rabat, comme d’autres villes historiques du Maroc, a su conserver son caractère authentique, représentant le cœur de l’identité marocaine. Elle affirme qu’il n’existe rien de plus authentique que ces espaces culturels, qu’ils se trouvent à Rabat, Marrakech, Meknès ou Fès.
Rafika a également souligné l’importance de préserver ce riche patrimoine, affirmant qu’en tant que Marocaine vivant à l’étranger, elle saisit chaque occasion pour s’immerger dans la culture, les odeurs, les parfums et les couleurs de son pays, et d’observer les expressions et sourires qui illuminent les visages, autant de détails qui donnent aux espaces historiques une expérience unique.
Avec l’accueil par le Maroc de cette édition de la Coupe d’Afrique des Nations, le football transcende le cadre de la compétition sportive pour se transformer en un véritable pont culturel, rassemblant supporters, peuples et nations africaines dans une célébration partagée de la passion pour le ballon rond.
**Par Aicha El Abbadi (MAP)**

