Vacances d’hiver : Qui se rend à la montagne sans skier ?
D’après le rapport des nouvelles tendances de la plateforme Abritel, seuls 15 % des voyageurs envisagent de consacrer toutes leurs journées à la glisse. L’étude montre que 20 % des vacanciers partiraient quel que soit le niveau de neige, 43 % seulement s’ils trouvent les conditions un minimum favorables.
On imagine souvent l’hiver à la montagne comme un vaste terrain de jeu pour les skieurs audacieux, avec des pistes encombrées, des remontées mécaniques en plein fonctionnement et des soirées après-ski animées. Toutefois, un nombre croissant de vacanciers choisissent de s’installer dans les stations sans jamais, ou presque, enfiler des skis.
Selon le rapport sur les nouvelles tendances de la plateforme Abritel*, les Français désirent vivre la montagne différemment. En effet, seuls 15 % des voyageurs envisagent de passer toutes leurs journées à skier. « Ce qui rend un séjour inoubliable n’est pas forcément la pratique intensive : seulement 18 % citent le ski du matin au soir, 39 % privilégient la diversité d’activités et 29 % l’après-ski », souligne le rapport.
### Prendre de la hauteur et un bol d’air frais
D’abord, il y a ceux qui accompagnent la famille ou les amis. Dans un groupe, il y a toujours un ou plusieurs membres qui ne sont pas passionnés de ski, souvent par crainte de la vitesse, en raison d’anciennes blessures, ou simplement par envie de rejoindre le groupe au restaurant et de se détendre au spa. Ces « non-skieurs » veulent tout de même profiter de l’ambiance : l’air pur qui rouge les joues, les paysages enneigés magnifiques et les installations de plus en plus complètes. Les stations l’ont bien compris :
« Depuis la fin du Covid-19, les Français viennent toujours au ski, mais pas seulement, ils viennent surtout à la montagne. Ils viennent pour profiter, pour partager des moments ensemble et pour pratiquer toutes sortes d’activités. »
Créer des souvenirs entre amis et famille est également ce qu’a pu constater Xavier Rousselou, porte-parole d’Abritel lors de cette étude : « La montagne en hiver se reconstruit autour de la découverte, de la détente et du partage : les stations doivent désormais vendre des émotions et des histoires, pas uniquement des kilomètres de pistes. »
En plein air, les activités les plus populaires sont, selon l’étude, les randonnées et balades en raquettes (63 %), la gastronomie locale (51 %) et le bien-être (42 %). Les activités culturelles et les festivals gagnent également en popularité, notamment chez les 18-24 ans (40 %). Romane, qui fréquente les Alpes depuis toujours, explique : « Mais depuis l’année dernière, je prends le forfait que pour la demi-journée. Je préfère me poser l’après-midi, profiter de la montagne et me reposer. » À côté d’elle, Célia, 25 ans, passe depuis trois ans quelques jours à Chamonix :
« Je ne sais même pas skier, je préfère rester au spa et déjeuner dans un restaurant qui propose du fromage. »
Ce développement des activités, Cécile Ferrando l’a remarqué : « On ne vend pas moins de forfaits de ski, en tout cas à Val d’Isère. Mais on constate que les gens passent moins de temps sur les pistes de ski, ils vont vraiment plus dans les restaurants, ils recherchent des activités ludiques comme des pistes piétonnes. En fait, les gens ont besoin de prendre de la hauteur, d’aller prendre l’air. »
### Prévenir le dérèglement climatique
Il est bien connu que la montagne est affectée par le réchauffement climatique et que l’enneigement est bien moins important qu’auparavant, notamment pour les stations de basse altitude « qui sont confrontées au dérèglement climatique et ont moins de neige. Mais cette tendance offre également l’opportunité aux gens de passer des vacances à la montagne et d’y faire d’autres choses. Ils peuvent se promener dans la forêt. S’il y a de la neige, ils feront du ski. S’il n’y en a pas, ils feront d’autres activités », explique Cécile Ferrando. L’étude révèle que 20 % des vacanciers partiraient peu importe le niveau de neige, tandis que 43 % seulement s’ils trouvent des conditions minimales satisfaisantes.
« Ces chiffres montrent que la montagne reste désirable même sans manteau blanc parfait ; la clé pour les stations est d’offrir des alternatives attractives aux sports de glisse », analyse Xavier Rousselou.
À Val d’Isère, la neige est effectivement présente, mais Cécile Ferrando admet : « On vit très proche de la nature et on doit s’allier avec elle et s’adapter. Cette agilité fait qu’évidemment, face aux éléments, on doit composer. Je constate que plusieurs stations dans les Alpes, les Pyrénées ou le Jura, doivent se transformer. Par exemple, des moniteurs de ski deviennent moniteurs de VTT l’été et peuvent utiliser les vélos. Il y a cette agilité. »
### Nos conseils de séjours
Cette année, les territoires montagneux devraient enregistrer une forte affluence. Abritel annonce un intérêt croissant pour l’ensemble des massifs de l’Hexagone. Les recherches de locations de vacances dans les Vosges, le Jura et le Doubs montrent une augmentation de 45 %, tandis que les Hautes-Pyrénées et le Puy-de-Dôme attirent 30 % de curieux supplémentaires.
*Basé sur une enquête réalisée auprès de 1.000 voyageurs français, combinée aux données de recherche sur la plateforme.

