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Ukraine : Trump déclare être plus proche d’un accord, sans avancée annoncée.

Donald Trump a estimé dimanche être plus près que jamais d’un accord de paix en Ukraine, après une rencontre en Floride avec Volodymyr Zelensky et un entretien avec Vladimir Poutine, sans toutefois détailler aucune avancée concrète. Le président français Emmanuel Macron a annoncé lundi une réunion des alliés de Kiev à Paris début janvier, autour des garanties de sécurité pour l’Ukraine dans le cadre d’un accord de paix.


Donald Trump a déclaré dimanche être plus proche que jamais d’un accord de paix en Ukraine, après une rencontre en Floride avec Volodymyr Zelensky et un entretien avec Vladimir Poutine, sans toutefois fournir de détails sur des avancées concrètes. S’exprimant depuis sa résidence Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, où il a accueilli le président ukrainien en présence de plusieurs hauts responsables des deux pays, le président américain a affiché un optimisme résolu mais évasif, affirmant que les semaines à venir détermineraient si la guerre pouvait se terminer. « Ça a été une négociation très difficile », a déclaré Trump, faisant référence à de « nombreux progrès ». « Je ne veux pas dire quand, mais je pense que nous allons y arriver », a-t-il ajouté, suggérant aussi de venir parler devant le Parlement ukrainien pour faire avancer son plan de paix.

Volodymyr Zelensky, prenant la parole à ses côtés, a été enthousiaste, évoquant de « grandes avancées », avec « 90% » du plan de paix américain en vingt points « approuvé », des « garanties de sécurité » pour l’Ukraine « approuvées » pour certaines et « presque approuvées » pour d’autres, ainsi qu’un « plan de prospérité en cours de finalisation ». Parallèlement, le président français Emmanuel Macron a annoncé lundi une réunion des alliés de Kiev à Paris début janvier, pour discuter des garanties de sécurité pour l’Ukraine dans le cadre d’un accord de paix.

Volodymyr Zelensky avait beaucoup à gagner avec cette rencontre, cherchant principalement à obtenir l’approbation de Donald Trump sur une nouvelle version du plan de paix présentée par Washington il y a près d’un mois, qui a été retravaillée après des négociations intenses menées par Kiev, qui considérait la première version trop proche des revendications russes. La nouvelle version propose un gel du front sur les positions actuelles sans offrir de solution immédiate aux revendications territoriales de la Russie, qui contrôle environ 20% de l’Ukraine. Ce nouveau document abandonne également deux exigences essentielles du Kremlin : le retrait des troupes ukrainiennes de la région de Donetsk, dans le Donbass, et un engagement juridiquement contraignant pour l’Ukraine de ne pas adhérer à l’Otan.

Concernant le Donbass, question centrale pour toute issue au conflit, Donald Trump a assuré : « Nous nous rapprochons beaucoup, peut-être même de très près, » d’un accord. Quelques heures avant cette rencontre, le président américain a eu un échange téléphonique avec Vladimir Poutine, qu’il a qualifié de « très productif ». Cependant, alors que l’Ukraine et les dirigeants européens accusent Poutine d’être responsable de la poursuite de la guerre qu’il a lui-même déclenchée, Trump a considéré le leader du Kremlin aussi « sérieux » que Zelensky dans sa volonté de mettre fin au conflit.

De son côté, le Kremlin a à nouveau exhorté l’Ukraine à prendre « la décision courageuse » de se retirer de la partie orientale de la région de Donetsk qu’elle contrôle encore, condition majeure de la Russie pour arrêter les hostilités. Après leurs discussions, Zelensky et Trump ont également discuté au téléphone avec plusieurs dirigeants européens, qui, la veille, avaient exprimé leur « profond soutien » à Kiev. Pour intensifier la pression, la Russie a bombardé Kiev et sa région samedi, privant d’électricité pendant des heures plus d’un million de foyers, avant d’annoncer la prise de deux nouvelles villes dans l’est de l’Ukraine.

Pour la Russie, qui a trouvé en Donald Trump un relais efficace pour certaines de ses revendications, « l’Europe et l’Union européenne sont devenues le principal obstacle à la paix », selon le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le président américain, manifestant son agacement face à la lenteur des négociations, « est extrêmement frustré par les deux camps », a déclaré le 11 décembre sa porte-parole Karoline Leavitt. En plus du sort du Donbass, cette région de l’Est de l’Ukraine que Moscou revendique, et celui de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par les troupes russes dans le sud, les deux dirigeants ont discuté des garanties de sécurité que les pays occidentaux pourraient offrir dans le cadre d’un éventuel accord de paix. « Il y aura des garanties de sécurité. Elles seront fortes. Et les pays européens sont très impliqués », a assuré dimanche le président américain sur le perron de Mar-a-Lago.