Bornes éthylotests : efficacité réelle ou gadgets ludiques ?
Les bornes éthylotests commencent à se développer lors des événements de la fin d’année. Benoît Godart, porte-parole de VIAS, souligne que « C’est efficace à partir du moment où le matériel est fiable et que c’est utilisé correctement ».
Les bornes éthylotests commencent à apparaître dans divers événements en cette fin d’année. Leur principe est simple : vous pouvez souffler dans ces dispositifs pour tester votre haleine avant de prendre le volant après une soirée, afin de vérifier si vous avez consommé trop d’alcool pour conduire en toute sécurité.
Cependant, la fiabilité de ces bornes est-elle avérée ? Contribuent-elles réellement à réduire les comportements à risque sur les routes ?
Pour y voir plus clair, nous avons recueilli l’avis de Benoît Godart, porte-parole de VIAS.
### Bornes efficaces ?
Benoît Godart nuance l’efficacité de ces dispositifs : « C’est efficace à partir du moment où le matériel est fiable et que c’est utilisé correctement. Je suis personnellement allé voir aussi celle qui était sur le marché de Noël de Bruxelles. Et là j’ai constaté que certaines personnes ne l’utilisaient pas correctement, faisaient ça plutôt pour rigoler pour savoir qui avait le plus d’alcool dans le sang. »
Il met également en lumière le système de mesure du taux d’alcool : « L’unité utilisée, à savoir le milligramme d’alcool par litre d’air expiré, n’est pas la même unité que celle généralement utilisée par le commun des mortels, à savoir le gramme d’alcool par litre de sang ». Selon Benoît Godart, cela peut prêter à confusion.
Pour cet expert en sécurité routière, la meilleure solution consiste à anticiper son comportement et à ne pas consommer d’alcool : « Le conducteur qui veut absolument être certain qu’il n’est pas positif doit évidemment ne pas boire du tout ou boire si peu qu’il n’y a pas de doute quant à son alcoolémie. »
### Bornes gadget tout comme certains éthylotests vendus en ligne
Le porte-parole aborde également le caractère ludique et la prise de conscience que ces dispositifs peuvent apporter. Grâce à leur interactivité et leurs couleurs attrayantes, ils attirent l’attention sur les dangers de l’alcool au volant. « Il y a également des conseils à la fin en fonction de votre alcoolémie. Donc c’est relativement bien fait et ça a le mérite d’attirer l’attention sur les dangers de l’alcool au volant », reconnaît Benoît Godart.
Chaque jour en Belgique, plus de dix accidents impliquent un conducteur sous l’influence de l’alcool. « C’est un enjeu majeur de sécurité routière et toute initiative de ce type est en effet bonne à prendre », ajoute-t-il.
La dernière étude de l’Agence Wallonne pour la Sécurité Routière révèle qu’un conducteur sur trois admet prendre le volant après avoir probablement trop bu lors du Nouvel An. « Les chiffres officiels montrent que ces dix dernières années, 36% des accidents la nuit du réveillon du Nouvel An impliquaient un conducteur sous l’influence de l’alcool. Donc c’est plus d’un conducteur sur trois, c’est beaucoup trop », acquiesce Benoît Godart.
Cependant, une évolution positive est constatée grâce aux campagnes BOB. « Les chiffres de la campagne BOB, l’an dernier, montrent qu’on était tombé à 1,2% seulement de conducteurs qui étaient sous l’influence de l’alcool. C’est quatre fois moins qu’au début des campagnes BOB. Les mentalités évoluent petit à petit, mais c’est évidemment un travail de longue haleine », admet le porte-parole de VIAS.
### Combien de verres max avant de prendre la route ?
Quelle est la législation relative à l’alcoolémie au volant ? Que peut-on réellement consommer avant de prendre la route ? Benoît Godart rappelle que, en cette période de fêtes, il est important de noter que « 0,5 gramme maximum par litre d’alcool dans le sang » est la limite à respecter.
Cette limite est difficile à quantifier concrètement, selon cet expert : « C’est toujours très difficile à dire en fonction de si vous avez mangé, de votre corpulence, de si vous avez l’habitude de boire, etc. Grosso modo, on estime que ça représente environ deux verres servis correctement pour une femme et trois verres pour un homme. Et quand je dis servis correctement, c’est parce que lorsqu’on reçoit des gens à la maison, les verres sont souvent servis très généreusement, et il arrive que des conducteurs soient surpris lorsqu’ils sont contrôlés. Ils disent ‘j’ai bu que trois verres’. Oui, mais ils étaient servis avec une double dose. C’est donc pour ça que c’est aussi très difficile de calculer son taux d’alcool. Retenez en moyenne deux verres pour une femme et trois verres pour un homme. »

