Maroc

Célébration à Errachidia du 92ème anniversaire des batailles de Jbel Baddou

La famille de la résistance et de l’Armée de libération a célébré, samedi à Errachidia, le 92ème anniversaire des batailles de Jbel Baddou en 1933. M. El Ktiri a rappelé que les combats se sont poursuivis avec acharnement, même après que les vivres des Moudjahidines se soient épuisés.


La famille de la résistance et de l’Armée de libération a célébré, samedi à Errachidia, le 92ème anniversaire des batailles de Jbel Baddou en 1933. Cet événement est considéré comme une épopée glorieuse de l’histoire du Royaume, inscrite à jamais dans les annales de la lutte nationale pour la liberté et l’indépendance.

Lors d’un meeting organisé à cette occasion, le Haut-commissaire aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération, Mustapha El Ktiri, a déclaré que ces batailles symbolisent une étape importante de l’histoire de la lutte nationale pour l’indépendance, chargée de gloires et portant des valeurs et principes religieux, patriotiques, éthiques et universels.

M. El Ktiri a rappelé que dès le début du 20ème siècle, les tribus et habitants de Tafilalet avaient montré une résistance courageuse face à l’occupant, en particulier en 1908, lorsque les forces coloniales ont établi leur premier camp à Boudnib, jouant le rôle de base pour leurs offensives.

Il a également souligné que cette région a été le théâtre de plusieurs batailles, dont celles de Boudnib (1908), d’Ifri (1914), de Meski et Lamaadid (1916), d’El batha (1918), ainsi que d’autres batailles autour de Goulmima et Tadighoust, survenues au début des années 1930.

Face à des difficultés à étendre leur domination, les autorités coloniales ont lancé en août 1933 une vaste offensive accompagnée de violents affrontements. Les résistants, issus de diverses tribus, ont fait preuve d’un patriotisme élevé et d’une bravoure remarquable, réussissant ainsi à perturber les rangs de l’armée française, bien supérieure en nombre et en artillerie.

À partir de fin juillet 1933, des forces militaires coloniales ont été chargées d’avancer vers Aghbalou N’Kerdous et, début août, ont lancé des opérations pour assiéger la région orientale du Haut-Atlas. Des affrontements violents ont donc éclaté à Jbel Baddou entre les troupes coloniales et les valeureux combattants marocains, dirigés par des héros expérimentés.

Les combattants, animés par leur détermination et leur patriotisme, ont su s’organiser pour résister aux forces coloniales qui encerclaient cette région, se refugiant à Jbel Baddou malgré des conditions climatiques difficiles.

Confrontées à cette résistance organisée, les autorités françaises ont tenté d’entamer des négociations avec les résistants, mais ces efforts sont restés vains. Après l’échec de ces tentatives, les forces d’occupation ont lancé une attaque contre les combattants, qui a été repoussée avec vigueur par les résistants, selon M. El Ktiri.

Les affrontements ont continué avec acharnement, même lorsque les ressources des Moudjahidines ont épuisé suite au siège imposé à la région. Pourtant, l’esprit de résistance coloniale n’a jamais disparu, et les habitants de la province d’Errachidia se sont engagés aux côtés du mouvement national et de l’action armée dans le cadre de la résistance armée et de l’Armée de libération.

Il a également mis en lumière le rôle crucial des femmes de Tafilalet durant la lutte pour l’indépendance, notamment par leur soutien aux combattants, en soignant les blessés et en apportant un soutien logistique et moral.

M. El Ktiri a souligné que la célébration de l’épopée des batailles de Jbel Baddou est une occasion de mettre en avant les victoires diplomatiques du Royaume, sous la direction de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en rappelant l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui consacre la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud.

Il a rappelé le Discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, adressé à Son peuple le 31 octobre dernier, dans lequel le Souverain avait déclaré : « Par la grâce du Seigneur et avec Son aide, après cinquante ans de sacrifices, nous ouvrons un nouveau chapitre victorieux dans le processus de consécration de la Marocanité du Sahara, destiné à clore définitivement le dossier de ce conflit artificiel, par une solution consensuelle fondée sur l’Initiative d’Autonomie. »

La cérémonie a également été marquée par des hommages rendus à des anciens résistants et membres de l’Armée de libération, ainsi que par des aides financières accordées à des veuves et des ayants droit issus de la famille de la résistance et de l’Armée de libération.