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La Chine lance des exercices militaires : 89 avions et 28 navires autour de Taïwan.

L’armée chinoise « utilise des destroyers, des frégates, des chasseurs, des bombardiers et des drones » pour des exercices avec « des tirs à munitions réelles sur des cibles maritimes ». À partir du 29 décembre, le Commandement des zones orientales de l’APL déploie ses troupes pour mener des exercices militaires conjoints baptisés ‘Mission Justice 2025’.


L’armée chinoise a déclaré qu’elle « utilise des destroyers, des frégates, des chasseurs, des bombardiers et des drones » lors de ses exercices, qui incluent « des tirs à munitions réelles sur des cibles maritimes ». Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a affirmé lors d’une conférence de presse que « toute manœuvre malveillante visant à entraver la réunification de la Chine est vouée à l’échec ». Il a ajouté que « les forces extérieures qui tentent d’utiliser Taïwan pour contenir la Chine et d’armer Taïwan ne feront qu’encourager l’arrogance des partisans de l’indépendance et plonger le détroit de Taïwan dans une situation périlleuse de guerre imminente ».

De son côté, Taïwan a annoncé avoir déployé les « forces appropriées », précisant que ses troupes avaient « mené un exercice de riposte rapide ».

Pékin considère Taïwan comme une partie de son territoire et menace d’utiliser la force militaire pour la récupérer.

### Réactions de Taïwan

Les tensions dans le détroit se sont intensifiées à la suite d’une vente d’armes massive des États-Unis à Taipei, annoncée à la mi-décembre, pour un montant total de 11,1 milliards de dollars. Il s’agit de la plus importante vente d’armements depuis 2001. En réponse, la Chine a sanctionné 20 entreprises américaines de défense. Cette démonstration de force intervient également après plusieurs semaines de tensions diplomatiques entre Pékin et Tokyo au sujet de l’île, avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi ayant suggéré en novembre que son pays pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan, une déclaration qui a suscité l’ire de la Chine.

### Tensions ravivées

« À partir du 29 décembre, le Commandement des zones orientales de l’APL (Armée populaire de libération) déploie ses troupes de l’Armée de terre, de la Marine, de l’Armée de l’air et de la Force des missiles pour mener des exercices militaires conjoints baptisés ‘Mission Justice 2025′ », a déclaré le colonel-major Shi Yi, porte-parole du Commandement chinois. Les forces de Pékin se concentreront sur « les patrouilles de préparation au combat air-mer, la saisie conjointe de la supériorité globale, le blocus de ports et zones clés, ainsi que la dissuasion multidimensionnelle ».

Un communiqué a également révélé une carte montrant cinq zones autour de Taïwan où des « tirs à munitions réelles vont être organisés » de 08h00 à 18h00, heure locale, le mardi (00h00 à 10h00 GMT). « Pour des raisons de sécurité, il est conseillé à tout navire ou avion non concerné de ne pas pénétrer dans les eaux et l’espace aérien susmentionnés », est-il précisé. La porte-parole de la présidence de Taïwan, Karen Kuo, a réagi en déclarant qu’ « en réponse au mépris des autorités chinoises pour le droit international et à leur utilisation de l’intimidation militaire pour menacer les pays voisins, Taïwan exprime sa ferme condamnation ».

Les garde-côtes de Taïwan ont détecté « quatre navires de leurs homologues chinois près des eaux au large des côtes nord et est de Taïwan aujourd’hui (lundi) » et ont immédiatement déployé des navires dans les zones concernées. Les exercices de cette semaine sont décrits comme « un sérieux avertissement adressé aux forces séparatistes de l’indépendance de Taïwan » et « constituent une action légitime et nécessaire pour préserver la souveraineté et l’unité nationale de la Chine », selon Shi Yi.

Des navires chinois devraient « s’approcher de l’île de Taïwan à très courte distance en provenance de différentes directions ». Les précédents exercices impliquant des tirs réels autour de Taïwan remontent à avril, et avaient été condamnés par Taipei.