Guerre en Ukraine : Trump parle d’un accord imminent, sans avancée annoncée
Le président américain Donald Trump a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky à sa résidence de Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 28 décembre 2025. Emmanuel Macron a annoncé lundi une réunion des alliés de Kiev à Paris début janvier autour des garanties de sécurité pour l’Ukraine dans le cadre d’un accord de paix avec la Russie.
S’exprimant depuis sa résidence de Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, où il a reçu le président ukrainien en présence de plusieurs hauts responsables des deux pays, le président américain a affiché un optimisme résolu, bien qu’évasif, affirmant que les semaines à venir détermineront si la guerre pourrait prendre fin.
« Ça a été une négociation très difficile », a déclaré le président américain, tout en mentionnant de « nombreux progrès ». « Je ne veux pas dire quand, mais je pense que nous allons y arriver », a-t-il ajouté, proposant également de s’exprimer devant le Parlement ukrainien pour faire avancer son plan de paix.
Volodymyr Zelensky, s’exprimant à ses côtés, a également montré de l’enthousiasme, faisant état de « grandes avancées », affirmant que « 90% » du plan de paix américain en vingt points avait été « approuvé », que des « garanties de sécurité » pour l’Ukraine avaient été « approuvées » pour certaines et « presque approuvées » pour d’autres, ainsi qu’un « plan de prospérité en cours de finalisation ».
Le dirigeant ukrainien jouait gros lors de cette réunion, désireux d’obtenir l’aval de Donald Trump pour une nouvelle version du plan de paix présenté par Washington il y a presque un mois, qui a été retravaillé après de vives négociations exigées par Kiev, qui jugeait la première version trop proche des demandes russes.
Cette nouvelle version propose un gel du front sur les positions actuelles, sans fournir de solution immédiate aux revendications territoriales de la Russie, qui contrôle environ 20% de l’Ukraine.
Le document laisse également de côté deux exigences clés du Kremlin : un retrait des troupes ukrainiennes de la région de Donetsk, dans le Donbass, et un engagement juridiquement contraignant de l’Ukraine de ne pas adhérer à l’Otan.
Concernant le Donbass, qui est essentiel pour toute résolution du conflit, Donald Trump a assuré : « nous nous rapprochons beaucoup, peut-être même de très près », d’un accord.
Voici les points clés :
– 90% du plan de paix approuvé.
– Garanties de sécurité États-Unis–Ukraine : 100 % approuvées.
– Garanties de sécurité États-Unis–Europe–Ukraine : presque approuvées.
– Dimension militaire : 100 % approuvée.
– Plan de prospérité en cours de finalisation.
Les deux hommes ont convenu de se revoir dans les semaines à venir. Donald Trump prévoyait également un échange téléphonique avec Vladimir Poutine après la rencontre, comme cela avait été le cas juste avant. Un contact qu’il a qualifié de « très productif ».
Le président français Emmanuel Macron a annoncé lundi une réunion des alliés de Kiev à Paris début janvier sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine dans le cadre d’un accord de paix avec la Russie.
« Nous réunirons les pays de la Coalition des volontaires à Paris début janvier pour finaliser les contributions concrètes de chacun », a écrit Emmanuel Macron sur X. Il avait préalablement échangé avec ses homologues ukrainien Volodymyr Zelensky et américain Donald Trump, ainsi que plusieurs autres dirigeants européens. « Nous progressons sur les garanties de sécurité qui seront centrales pour construire une paix juste et durable », a affirmé le président français, qui s’est également entretenu seul avec Volodymyr Zelensky.
Lors d’une étape à Halifax au Canada, le président ukrainien a reçu un soutien affirmé d’Ottawa ainsi que des Européens et de l’Otan. « Nous devons mettre fin à cette guerre, et pour cela, nous avons besoin de deux choses : exercer une pression sur la Russie et apporter un soutien suffisamment fort à l’Ukraine », a réaffirmé Volodymyr Zelensky.
Cependant, l’accueil que Donald Trump réservera à Zelensky reste incertain. Le président ukrainien n’aura « rien tant que je ne donne pas mon accord », a déclaré Donald Trump au site Politico vendredi, préparant ainsi le terrain pour leur rencontre. Malgré cela, Donald Trump s’est montré confiant : « Je pense que ça se passera bien avec lui. Je pense que ça se passera bien avec (le président russe Vladimir) Poutine », avec lequel il prévoit de s’entretenir « bientôt ».
Pressant l’action sur le terrain, la Russie a intensifié ses bombardements sur Kiev et sa région, privant d’électricité durant des heures plus d’un million de foyers, puis a annoncé la prise de deux nouvelles villes dans l’est de l’Ukraine. « Si les autorités de Kiev ne souhaitent pas régler ce différend pacifiquement, nous réglerons tous les problèmes qui se présentent à nous par la force », a lancé le président russe Vladimir Poutine.
Selon le ministre des Affaires étrangères Serguei Lavrov, la Russie considère que Donald Trump sert efficacement certaines de ses revendications : « l’Europe et l’Union européenne sont devenues le principal obstacle à la paix ».
Donald Trump ne cache plus son agacement face à la lenteur des négociations. Il « est extrêmement frustré par les deux camps », avait déclaré sa porte-parole Karoline Leavitt le 11 décembre. Le 19 décembre, le dirigeant américain avait exhorté l’Ukraine à « bouger ».
Volodymyr Zelensky parviendra-t-il à convaincre Trump d’adresser un message similaire à Moscou, alors que la dernière version du plan semble inacceptable pour les Russes ? Outre le sort du Donbass, cette région de l’est de l’Ukraine que Moscou revendique, et celui de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par les soldats russes, les deux dirigeants devraient discuter des garanties de sécurité que les Occidentaux pourraient fournir dans le cadre d’un éventuel accord de paix.
Ces « garanties de sécurité doivent arriver en même temps que la fin de la guerre », a insisté Volodymyr Zelensky. Le président américain a suggéré que l’Ukraine aurait intérêt à fixer la ligne de front face à d’éventuelles avancées russes qu’il juge inévitables. « La Russie a l’avantage. Et elle l’a toujours eu », a-t-il affirmé le 8 décembre.

