La Tunisie, pays « sûr » : baisse des demandes d’asile et hausse des éloignements.
La Tunisie a enregistré 393 premières demandes d’asile en 2024, marquant une baisse de 23,5% par rapport à l’année précédente. En 2024, la Tunisie a connu 13 414 interpellations d’étrangers en situation irrégulière, soit une augmentation de 13,6% par rapport à l’année précédente.
Alors que le nombre de demandes de visas touristiques connaît une explosion, les indicateurs liés à l’asile et à l’immigration irrégulière, basés sur les statistiques officielles du ministère français de l’Intérieur, classent la Tunisie parmi les pays d’origine « sûrs », avec une augmentation significative des procédures d’éloignement.
Bien que la Tunisie se distingue par son immigration qualifiée, les récentes dynamiques des flux migratoires et les données concernant la protection internationale ainsi que le contrôle migratoire offrent un tableau assez différent. Ce constat repose sur les derniers Chiffres clés de l’immigration, publiés le 24 décembre 2025 par le service statistique ministériel Immigration – Intégration (SSMII) du ministère français de l’Intérieur.
Le pays présente un bilan contrasté, avec une demande de court séjour en forte progression, mais un recul marqué des visas de long séjour et une présence très limitée dans le domaine de l’asile.
**Le grand écart des visas**
Dans le secteur des visas, la Tunisie dévoile deux faces opposées. D’une part, les visas de court séjour enregistrent une dynamique forte avec une augmentation de 18,5% en 2024, pour un total de 88 070 délivrances. D’autre part, les visas de long séjour voient leur nombre diminuer de manière significative de 14,9%, pour atteindre 20 068 délivrances, selon le rapport du SSMII. Au total, les demandes de visas formulées par les Tunisiens ont progressé de 13,3%, atteignant 138 766, ce qui reflète une pression continue sur les services consulaires.
**Une demande d’asile marginale en recul constant**
Concernant la protection internationale, la Tunisie occupe une position très secondaire, typique des pays considérés comme « sûrs » par les autorités françaises. Les chiffres officiels sont sans équivoque : seulement 393 premières demandes d’asile ont été enregistrées en 2024, marquant une nouvelle baisse de 23,5%. Cette diminution s’inscrit dans une tendance à l’effondrement mise en évidence par les données ministérielles : après un pic de 1 365 demandes en 2021, le pays était déjà tombé à 439 en 2022.
Dans la région du Maghreb, la Tunisie figure en troisième position, loin derrière l’Algérie (1 246 demandes) et le Maroc (640). L’ensemble des trois pays représente environ 1,8% des demandes d’asile totales en France (129 909 demandes). En conséquence de ce statut, le nombre de protections accordées aux Tunisiens reste très faible (305 en 2024), bien qu’en légère hausse, selon les données de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) compilées par le ministère.
**Une présence accrue dans les chiffres de l’immigration irrégulière**
Concernant la lutte contre l’immigration irrégulière, les indicateurs sont en hausse. Les statistiques du ministère de l’Intérieur montrent que la Tunisie se classe au cinquième rang national avec 13 414 interpellations d’étrangers en situation irrégulière en 2024, soit une augmentation de 13,6%.
De manière encore plus significative, le nombre de mesures d’éloignement prononcées à l’encontre de ressortissants tunisiens s’élève à 11 029, plaçant le pays au deuxième rang maghrébin. En termes d’éloignements effectivement réalisés, le chiffre s’élève à 1 295 retours forcés ou assistés, ce qui place la Tunisie au cinquième rang national. Le taux de coopération consulaire tunisienne pour la délivrance des laissez-passer, bien qu’en amélioration, reste limité à 41,1%, selon le bilan du SSMII.

