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Crise agricole : Lula, Macron et Meloni pressent l’UE pour le Mercosur

La crise agricole va s’étendre ce jeudi de la France à Bruxelles, où un sommet européen va se tenir sur l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Mercredi, l’Italie a rejoint la France pour réclamer un report de l’accord, affirmant qu’une signature dans les prochains jours est « prématurée ».


La crise agricole va s’intensifier ce jeudi, de la France à Bruxelles. Un sommet européen se tiendra pour aborder, notamment, le dossier sensible de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, cherchera à obtenir l’accord des Vingt-Sept pour signer ce traité samedi au Brésil, mais la situation reste incertaine.

Mercredi, l’Italie a rejoint la France pour demander un report de l’accord. Un engagement dans les jours à venir est « prématuré », a déclaré Giorgia Meloni. La cheffe du gouvernement italien exige d’abord des garanties « suffisantes » pour le secteur agricole, se montrant « convaincue qu’au début de l’année prochaine, toutes ces conditions seront réunies ».

Cette déclaration représente un revers pour la Commission européenne. Bruxelles a en effet insisté, ces derniers jours, sur l’importance d’une signature avant la fin de l’année, pour la « crédibilité » de l’UE et pour maintenir de bonnes relations avec les partenaires latino-américains. Au Brésil, le président Lula a posé un ultimatum mercredi. « Si on ne le fait pas maintenant, le Brésil ne signera plus l’accord tant que je serai président », a-t-il déclaré. « Si jamais ils disent non, nous Serons désormais fermes avec eux, parce que nous avons cédé sur tout ce qu’il était possible de céder diplomatiquement ».

Il n’est pas certain que la menace de Lula soit prise en compte. La position de Rome sur ce sujet est potentiellement décisive. Avec la France, la Pologne et la Hongrie, l’Italie pourrait constituer une minorité de blocage parmi les Vingt-Sept, empêchant ainsi un examen de l’accord durant la semaine. « Ça risque d’être très chaud », a admis un diplomate européen sous le sceau de l’anonymat, alors que l’Allemagne et l’Espagne insistent sur la nécessité d’approuver ce traité de libre-échange le plus rapidement possible. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a d’ailleurs promis de faire pression « intensive » sur ses partenaires européens.

Les agriculteurs européens, quant à eux, restent en colère et annoncent qu’une dizaine de milliers de manifestants seront présents ce jeudi à Bruxelles contre ce traité. Pour apaiser la profession, l’UE a ajouté des mesures de sauvegarde : un suivi des produits agricoles sensibles et la promesse d’une intervention en cas de déstabilisation du marché. Un compromis a été trouvé mercredi soir sur ce point entre des eurodéputés et des représentants des États membres : les garanties pour les agriculteurs sont supérieures à ce qui avait été voté par les Vingt-Sept en novembre, mais restent en deçà de la position adoptée par le Parlement européen mardi.

Cela ne devrait toutefois pas suffire à la France. De plus, au sein de l’Union européenne, plusieurs États craignent que Paris ne se contente pas d’un report du Mercosur, mais tente de faire échouer le traité, malgré plus de 25 ans de négociations.