Soutien à l’Ukraine : la Belgique ne utilise pas les avoirs russes en Europe.
Les besoins de financement de l’Ukraine sont estimés à quelque 137 milliards d’euros, dont l’UE est prête à financer les deux tiers, soit 90 milliards d’euros. Les 27 se sont engagés à financer l’Ukraine pendant les deux prochaines années et ne sortiront pas de la salle tant qu’une décision ne sera pas prise.

Pourquoi le soutien européen est-il crucial ?
Depuis l’arrêt du soutien financier américain à l’Ukraine, les Européens deviennent les principaux contributeurs au cours des deux prochaines années.
Durant cette période, le financement requis pour l’Ukraine est évalué à environ 137 milliards d’euros. L’Union Européenne est prête à en financer les deux tiers, soit 90 milliards d’euros. Le reste devra être fourni par d’autres alliés de l’Ukraine, tels que le Canada ou la Norvège.
Pour cela, l’Europe pourrait envisager d’emprunter. Cela nécessiterait l’accord de tous les pays membres de l’Union. Cependant, plusieurs pays, dont l’Allemagne, se montrent réticents, et au moins un État membre, la Hongrie, s’oppose fermement à cette idée.
Il reste alors l’option de recourir aux avoirs russes gelés, dont la majeure partie, 210 milliards d’euros, est détenue par Euroclear, une institution financière établie à Bruxelles.
Pourquoi utiliser les avoirs russes est-il tentant ?
Recourir à ces avoirs russes présente l’avantage de n’entraîner aucun coût pour les contribuables européens.
Cela permettrait de financer un « prêt de réparation » de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, voire davantage si nécessaire. Kiev n’aurait à le rembourser que si Moscou versait des réparations. Si la Russie devait refuser, les sanctions resteraient applicables et les avoirs seraient maintenus immobilisés.
Les 27 États membres ont décidé vendredi de garantir cette immobilisation jusqu’à la fin de l' »agression russe » contre l’Ukraine. Avant, il était nécessaire de renouveler ces sanctions tous les six mois, avec le risque constant d’un veto de la Hongrie, le pays européen le plus proche du Kremlin.
La décision prise vendredi permet à l’Europe d’affirmer que « ce qui lui appartient, lui appartient, et à personne d’autre« , selon un haut responsable européen, alors que les États-Unis ont également proposé d’utiliser ces avoirs russes pour financer leurs projets de reconstruction en Ukraine.
Pourquoi la Belgique est-elle contre ?
Cependant, le recours à ces avoirs russes présente des risques. La Banque centrale européenne s’inquiète des réactions potentielles des marchés financiers et de la déstabilisation de l’euro.
La Belgique et d’autres pays comme l’Italie mettent en garde contre d’éventuelles représailles russes et les conséquences d’un anneau en justice.
Les 27 négocient depuis plusieurs semaines l’ampleur des garanties à fournir. Le gouvernement belge réclame le maximum, y compris des assurances contre toute représaille pouvant affecter ses intérêts en Russie. Une exigence jugée démesurée par un haut responsable européen, qui a fait cette remarque lundi.
« Nous n’y sommes pas encore, et la situation devient de plus en plus complexe« , a admis Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’UE, interrogée lundi sur l’état des discussions.
Les Européens se sont engagés à soutenir l’Ukraine pendant les deux prochaines années. Ils ne quitteront pas la salle où se tiendra le sommet européen à Bruxelles à partir de jeudi tant qu’une décision ne sera pas prise, a souligné Kaja Kallas, reprenant une promesse du président du Conseil européen Antonio Costa.

