Sophie Wilmès (MR) considère la collaboration avec l’extrême droite comme une faute.
Sophie Wilmès a déclaré ce lundi matin que voter ou travailler avec l’extrême droite constitue une faute morale et politique. Cela fait plus de 550 jours que Bruxelles est sans gouvernement.

« Voter avec l’extrême droite ou travailler avec elle, c’est à la fois une faute morale et politique », a déclaré Sophie Wilmès (MR) ce lundi matin, au micro de Thomas Gadisseux. L’ancienne Première ministre et vice-présidente du Parlement européen souligne que le débat va au-delà des simples jeux de majorités nationales, soulevant un risque pour l’architecture de l’Union européenne.
Au niveau européen, Sophie Wilmès constate une diminution de la capacité d’action : « L’Europe n’a pas encore une voix assez ferme, assez forte. » Elle souligne que ce manque de fermeté se traduit dans la recomposition des majorités parlementaires, le plus grand groupe du Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE), pouvant s’allier avec les libéraux et les socialistes, ou choisir « de faire des majorités avec la droite et l’extrême droite. »
Oui, l’Europe a une voix. Oui, elle devrait être plus forte !
Elle met en garde contre les conséquences politiques de ces choix : « Vous allez légitimer des partis qui n’ont qu’une seule ambition, c’est de voir se démanteler l’Europe. » De plus, elle émet un avertissement géopolitique : « Ce sont des partis qui, pour la plupart, sont russophiles et dans les conditions actuelles, ce n’est vraiment pas optimal. »
Des marches arrière
Thomas Gadisseux évoque des « marches arrière » sur des questions centrales telles que le Green Deal, notant que certains textes socio-environnementaux ont récemment vu leur portée limitée. Sophie Wilmès précise qu’un cas en particulier démontre que, dans ce contexte, « c’est la gauche qui a décidé en définitive de refuser le texte », ce qui a amené le PPE « à se retourner sur la droite et l’extrême droite. »
Le 9 décembre dernier, l’Union européenne a voté un texte assouplissant les obligations environnementales des entreprises. Le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen ont convenu d’exempter « plus de 80 % des entreprises européennes […] de leurs obligations en matière d’information environnementale », selon Politico.
Ce constat d’un tournant à droite, voire à l’extrême droite, prend une dimension concrète à Bruxelles. Interrogée sur la constitution d’une majorité régionale, Sophie Wilmès souligne l’importance du compromis démocratique : « Quand vous avez en face de vous des partis qui refusent tout net de négocier avec d’autres (en référence à la position du PS face à la N-VA, NDLR), alors que l’ensemble de ces partis sont et restent dans le champ démocratique, évidemment que vous rendez l’équation impossible », tout en critiquant les alliances qui, selon elle, ne garantissent ni stabilité ni capacité de réforme : « Bruxelles a besoin de stabilité et de réformes, mais l’attelage qu’on propose ici n’offre ni l’un ni l’autre. »
Bruxelles a besoin de stabilité et de réformes.
L’ancienne Première ministre appelle donc à une double réponse : préserver l’intégrité des majorités démocratiques afin de ne pas « légitimer » les forces extrémistes, tout en proposant une alternative politique crédible capable de répondre aux préoccupations des citoyens sans céder aux simplifications populistes.
À noter que cela fait plus de 550 jours que Bruxelles est sans gouvernement. Ce samedi, une nouvelle dynamique a été lancée avec le début des négociations pour former une majorité de centre-gauche, qualifiée de coalition « Guinness ».

