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Chili : José Antonio Kast, candidat d’extrême droite, élu président.

José Antonio Kast, un ex-député ultraconservateur de 59 ans, a remporté l’élection avec 58,30% des voix contre Jeannette Jara, qui a obtenu 41,70%, alors que 76% des suffrages étaient dépouillés. Il a affirmé que les quelque 340.000 migrants sans papiers vivant au Chili seraient responsables de la recrudescence de la délinquance.


Kast, un ancien député ultraconservateur de 59 ans, a remporté l’élection avec 58,30 % des voix contre la candidate de gauche Jeannette Jara, qui a reçu 41,70 %, avec 76 % des suffrages comptabilisés. Des milliers de personnes brandissant des drapeaux chiliens ont défilé dans les rues de plusieurs villes pour célébrer la victoire de Kast.

Moins flamboyant que d’autres dirigeants d’extrême droite, son idéologie est néanmoins radicale : José Antonio Kast est un ultraconservateur et admirateur déclaré du dictateur Augusto Pinochet. Avocat et ancien député, il est le benjamin d’une fratrie de dix enfants. Son père, né en Allemagne, a émigré au Chili après la Seconde Guerre mondiale où il a fondé une entreprise de charcuterie prospère.

Des enquêtes menées par des médias en 2021 ont révélé que Kast avait été membre du parti d’Adolf Hitler. José Antonio Kast affirme que son père a été enrôlé de force dans l’armée allemande et nie avoir été un partisan du mouvement nazi. Membre du mouvement Schönstatt, un courant catholique conservateur d’origine allemande, le nouveau président élu est marié et père de neuf enfants.

Il considère la famille traditionnelle – avec un père, une mère et des enfants – comme le « noyau fondamental de la société ». Bien qu’il ait évité de réaffirmer ses positions sur des sujets sociétaux durant sa campagne, Kast s’est dans le passé déclaré opposé à l’avortement même en cas de viol, à la pilule du lendemain, au divorce et au mariage entre personnes de même sexe.

Son style se différencie de celui d’autres dirigeants passés ou présents, comme le Brésilien Jair Bolsonaro ou l’Argentin Javier Milei. Kast a déjà affirmé que, selon lui, l’ancien dictateur Pinochet (1973-1990), mort en 2006, aurait voté pour lui s’il était encore en vie.

Pour sa troisième candidature à la présidence, José Antonio Kast a cependant mis de côté l’agenda conservateur qui lui avait coûté des voix en 2021 face à Gabriel Boric. Sa campagne s’est surtout axée sur une promesse centrale : lutter de manière « implacable » contre la criminalité et les immigrants en situation irrégulière. « Si cela ne se fait pas volontairement, nous irons les chercher » pour les expulser, a-t-il menacé.

Il rend responsables les quelque 340 000 migrants sans papiers vivant au Chili, principalement des Vénézuéliens, de l’augmentation de la criminalité. Lors de ses meetings, protégé par une vitre pare-balles dans l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine, il décrit le Chili comme étant en proie au « chaos » et promet « l’ordre et la sécurité ». Des chiffres et des experts nuancent fortement ce constat alarmiste.