Champagne, foie gras : forte hausse des prix des repas de fête depuis 2021.
Entre 2021 et 2025, le prix d’une tablette de chocolat Côte d’Or noir a augmenté de 55%, passant de 4,26 euros à 6,59 euros du kilo chez Colruyt. En 2021, une dinde complète coûtait 3,99 euros du kilo, tandis qu’elle est affichée à 5,79 euros aujourd’hui, soit une augmentation de 45%.
Les panneaux publicitaires dans nos villes ont arboré leurs couleurs festives : promotion 1+1 gratuit sur le champagne ici, réductions sur les zakouskis là… Noël et le Nouvel An sont des moments où certains consommateurs choisissent de se faire plaisir en achetant des produits atypiques.
Mais comment les prix de ces produits ont-ils évolué au cours des cinq dernières années ? Quel était le prix d’une douzaine d’huîtres en 2021 et combien coûtent-elles aujourd’hui ? Et qu’en est-il du saumon fumé, de la dinde, de la bûche glacée ou d’articles de base comme le beurre ou les œufs, essentiels dans de nombreuses recettes ?
Une analyse assistée par l’intelligence artificielle
Pour répondre à ces questions, nous avons retrouvé d’anciens dépliants publicitaires de supermarchés datant de novembre et décembre 2021. Nous les avons comparés avec ceux reçus dans vos boîtes aux lettres ou sur les tapis roulants des caisses de supermarchés cette année. Nous nous sommes concentrés sur six enseignes bien connues des Belges : Aldi, Carrefour, Colruyt, Delhaize, Intermarché et Lidl.
Cela représente des centaines de pages et des milliers de références. Il était impossible de tout lire manuellement, c’est pourquoi nous avons fait appel à une intelligence artificielle (IA). Nous lui avons soumis l’ensemble des dépliants en lui demandant de relever le prix de tous les articles, leur désignation précise, la quantité, le prix au kilo… Notre méthodologie est détaillée à la fin de cet article.
Le résultat est une vaste base de données que nous avons pu explorer à volonté. À chaque fois, nous avons comparé l’analyse de l’IA avec le visuel du dépliant original, avec un objectif unique : retrouver des produits similaires à cinq ans d’intervalle.
Le chocolat et le foie gras en forte hausse
En résumé, le prix de la majorité des produits a augmenté, souvent de manière significative. Prenons l’exemple d’une tablette de chocolat noir Côte d’Or à 4,26 euros le kilo en 2021 chez Colruyt. Le même produit sur le site de l’enseigne en 2025 est à 6,59 euros, soit une augmentation d’environ 55 %. La hausse est encore plus forte chez Aldi, où le chocolat de la marque Château, maintenant Choceur, a connu une augmentation de 128 % (1,49 euro les 400 grammes en 2021 contre 3,39 euros en 2025).
Concernant le chocolat, cela reflète en partie une hausse des prix du cacao. Comme expliqué début décembre, la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui fournissent environ 70 % du cacao mondial et 82 % de celui utilisé par l’industrie belge, subissent une combinaison de facteurs dévastateurs : maladies des cacaoyers, climats extrêmes et vieillissement des plantations.
Les récoltes ont chuté et les prix ont atteint des sommets historiques sur les marchés : multipliés par 4, ils ont dépassé les 12 000 dollars la tonne l’année dernière, avant de redescendre cet automne autour des 7 000 dollars.
Tout augmente… ou presque
Pour ce qui est de la dinde et du foie gras, leurs prix ont été influencés, entre autres, par la grippe aviaire. Chez Delhaize, 80 g de foie gras étaient en promotion à 6,39 euros. Aujourd’hui, le même produit coûte 12,89 euros, soit un doublement de prix. Une dinde complète, proposée à 3,99 euros le kilo en 2021, coûte désormais 5,79 euros (+ 45 %).
En ce qui concerne le champagne, une bouteille de Vrancken Demoiselle était à 19,99 euros en promotion chez Carrefour en 2021. En 2025, le même produit est à 24,99 euros (+ 25 %). L’augmentation est moindre chez Delhaize, où la promotion pour deux bouteilles de Vrancken premier cru a augmenté de 15 %. Les hausses les plus marquées sont observées chez Aldi (Veuve Durand) et Lidl (Comte de Senneval), deux enseignes où le prix du champagne a grimpé de 80 %.
Que dire des matières premières comme les œufs et le beurre ? Les prix y sont aussi en hausse. Par exemple, chez Carrefour et Aldi, vous paierez aujourd’hui 40 % de plus pour la même quantité de beurre qu’en 2021. Une enseigne se distingue : nous avons trouvé une promotion similaire pour 4 paquets de 250 g de beurre dans des dépliants Intermarché de 2021 et de 2025, et là, le prix a baissé de 10 %.
Pour les légumes et féculents, comme les carottes et les pommes de terre, il existe de fortes variations entre les enseignes. Leur prix a augmenté, doublé parfois (sauf pour les pommes de terre chez Aldi, restées au même prix entre 2021 et 2025), mais ces produits demeurent en général parmi les moins chers de notre panier.
Inflation et indexation
Alors que les prix en supermarché augmentaient, les salaires de nombreux Belges ont également progressé entre 2021 et 2025, notamment grâce à l’indexation automatique (revu dans le dernier accord budgétaire fédéral).
« En quatre ans, entre le 1er janvier 2022 et le 1er janvier 2025, les salaires des 522 000 travailleurs relevant de la CP 200, la plus grosse commission paritaire du pays, ont été indexés de 20,94%« , rapportait l’Echo fin 2024.
Autre donnée, provenant du baromètre des salaires Jobat : « le salaire brut moyen est passé de 4 333 euros en 2024 à 4 420 euros en 2025. Le salaire médian a également augmenté pour atteindre 4 000 euros par mois ».
Concernant le pouvoir d’achat sur cette période, la question est plus complexe et dépend de nombreux facteurs (statut d’employé ou d’indépendant, locataire ou propriétaire…). En avril 2024, RTBF Actu a proposé un calculateur pour évaluer cette question.
Un ticket de caisse interactif
Nous avons compilé toutes nos recherches dans un ticket de caisse interactif ci-dessous. Vous pouvez naviguer entre les enseignes en cliquant sur les logos en haut du module. En cliquant sur un produit de la liste, une fenêtre apparaîtra avec une capture d’écran du produit en 2021 et son équivalent en 2025.
En définitive, selon les enseignes, la facture finale a augmenté entre 40 et 60 % entre 2021 et 2025.
Chaque produit est accompagné d’un graphique affichant l’indice des prix à la consommation (IPC) pour la catégorie de produits concernée. Statbel, l’office belge de statistique, collecte ces données quotidiennement. L’IPC est un indicateur économique visant à mesurer l’évolution des prix d’un panier de biens et services représentatifs de la consommation des ménages.
Dans le cas de l’IPC, on parle d’indice et non de prix en euros. Par exemple, pour les œufs, l’indice était de 102,524 en novembre 2021 contre 150,263 en novembre 2025, avec 2013 comme année de base. Cela signifie qu’en 2013, la valeur du produit était de 100. En novembre 2021, le prix des œufs était 2,5 % plus cher qu’en 2013 et en novembre 2025, il était 50,3 % plus cher qu’en 2013. En haut à droite de notre graphique, le taux d’évolution en pourcentage entre novembre 2021 et novembre 2025 est également indiqué.

