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Espagne : L’ex-ministre des Transports jugé pour corruption, proche de Pedro Sanchez

L’ex-ministre espagnol des Transports José Luis Ábalos va être prochainement jugé pour corruption, a annoncé jeudi la justice. Le parquet a réclamé vingt-quatre ans de prison à l’encontre de José Luis Ábalos, qui sera jugé aux côtés de son ex-assistant, Koldo Garcia, et d’un entrepreneur, Victor de Aldama, pour trafic d’influence, appartenance à une organisation criminelle, détournement de fonds publics et corruption.


L’ancien ministre espagnol des Transports, José Luis Ábalos, qui a été un proche collaborateur du chef du gouvernement Pedro Sánchez et une figure essentielle de son ascension politique, sera prochainement jugé pour corruption, comme l’a annoncé la justice jeudi.

Le Tribunal suprême de Madrid, la plus haute autorité judiciaire en Espagne, n’a pas encore communiqué la date précise de ce procès, concernant l’ancien ministre en poste de 2018 à 2021, qui est en détention provisoire depuis fin novembre.

Ce dossier implique des contrats irréguliers liés à la vente de masques durant la pandémie de Covid-19. Le parquet a requis une peine de vingt-quatre ans de prison contre José Luis Ábalos, qui sera jugé en même temps que son ancien assistant Koldo Garcia et un entrepreneur, Victor de Aldama. Ils sont accusés de trafic d’influence, d’appartenance à une organisation criminelle, de détournement de fonds publics et de corruption.

Dans ses réquisitions, le ministère public a mis en lumière « la volonté d’enrichissement » du trio, qui aurait conclu un « pacte criminel » pour tirer profit de la position de José Luis Ábalos au sein du gouvernement espagnol en « favorisant […] l’attribution de marchés publics » à des entreprises liées à Victor de Aldama.

Bien qu’il ait quitté le gouvernement de gauche en 2021, José Luis Ábalos est toujours député. Cette enquête complexe a également impliqué l’ancien numéro 3 du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Santos Cerdán, qui a pris la relève de José Luis Ábalos à ce poste clé.

Santos Cerdán, qui a passé cinq mois en détention provisoire, est également soupçonné de corruption dans le cadre du même dossier concernant l’attribution de marchés publics, en lien avec José Luis Ábalos et Koldo García.

Sous la pression de l’opposition de droite et d’extrême droite, Pedro Sánchez a présenté des excuses répétées aux Espagnols, affirmant qu’il n’avait aucune connaissance de cette affaire et que le PSOE n’avait jamais profité d’un financement illégal. Cette situation s’ajoute à d’autres problèmes judiciaires qui touchent également sa femme et son frère.

José Luis Ábalos, Koldo García et Santos Cerdán ont tous joué un rôle central dans le retour de Pedro Sánchez à la tête du PSOE en 2017. Après un mandat difficile entre 2014 et 2016, le dirigeant socialiste et ces trois hommes avaient entrepris une tournée en voiture à travers les régions d’Espagne pour rencontrer les militants, ce qui leur a valu le surnom de « clan Peugeot » de la part de l’opposition.