Yvan Verougstraete des Engagés veut une coalition « Guinness » à Bruxelles, sans le MR.
La Région de Bruxelles Capitale ne dispose pas d’un exécutif de plein exercice depuis 550 jours, malgré des négociations infructueuses. Yvan Verougstraete, président des Engagés, a annoncé qu’il ne s’agissait pas d’un choix positif, mais d’un choix de la raison et de la responsabilité pour construire un nouveau projet de coalition.
La Région de Bruxelles-Capitale traverse une période difficile en cette fin d’année 2025. Un an et demi après les élections régionales, elle ne dispose toujours pas d’un gouvernement pleinement opérationnel, malgré une situation budgétaire complexe et l’impératif de gérer les finances publiques ainsi que le quotidien des Bruxellois. Les discussions se succèdent depuis 550 jours sans résultat.
C’est dans ce cadre que le président des Engagés, ayant déjà joué le rôle de médiateur lors de ces pourparlers, a émis un ultimatum il y a dix jours, appelant à un réveil dans les efforts de formation d’un gouvernement bruxellois.
« À un moment donné, la réalité a ses droits. Et quand on est en responsabilité, quand on a été élu, on ne peut pas toujours choisir l’idéal. Il faut parfois faire le choix le plus réaliste. Ce n’est pas simple. Ce n’est pas de gaieté de cœur », a déclaré Yvan Verougstraete, président des Engagés.
Dix jours plus tard, ce dernier adopte une position active, affirmant avoir « mal à sa Région » et œuvrant « pour les Bruxellois ». Il propose une rupture avec le MR à Bruxelles, tout en maintenant que ce parti libéral demeure un partenaire essentiel au niveau fédéral et en Wallonie. Bien qu’il n’emploie pas le terme « rupture », il manifeste clairement son intention d’envisager une coalition réunissant le PS, Ecolo, DéFI, Les Engagés du côté francophone, ainsi que Groen, Vooruit, et le CD&V du côté néerlandophone.
« On a tout fait pendant dix-huit mois et c’était notre priorité de tout faire pour construire un gouvernement avec le MR mais, hélas, la mathématique a ses droits », observe Yvan Verougstraete d’un ton grave. « Le MR plus les Engagés, c’est 28 sièges sur 72 du côté francophone. Nous n’avons pas réussi à rassembler une majorité malgré les efforts réalisés par les uns et les autres. À un moment donné, la réalité a ses droits. Et quand on est en responsabilité, quand on a été élu, on ne peut pas toujours choisir l’idéal. Il faut parfois faire le choix le plus réaliste. Ce n’est pas simple. Ce n’est pas de gaieté de cœur. Ce n’est pas forcément un choix positif. Mais c’est un choix de la raison, de la responsabilité et j’espère qu’il sera assez positif pour attirer tous les Bruxellois derrière nous ».
La semaine dernière, Georges-Louis Bouchez, président du MR, a exprimé lors d’une émission de Matin Première qu’il trouverait « très particulier qu’on exclue le premier parti qui a fait plus de 100.000 voix lors des dernières élections ». Il a également souligné qu’il ne comprenait pas « comment d’un côté on peut être le partenaire du MR et de l’autre côté être le partenaire du principal opposant aux lignes politiques que nous mettons en place en Wallonie et au fédéral ». Pour conclure, il a affirmé que « la chose la plus importante en politique, c’est la cohérence ».
Yvan Verougstraete a répondu en direction du MR : « Nous collaborons avec le MR à tous les niveaux de pouvoirs […], nous sommes partenaires et j’espère bien que nous pourrons continuer à l’être. Nous continuons à penser qu’avec le MR, nous faisons de l’excellent travail dans les différents exécutifs où nous sommes partenaires. […] Nous mettrons toute notre énergie pour rester dans cette dynamique-là ».
Cette nouvelle coalition que les Engagés envisagent ne repose cependant pas sur une majorité parlementaire solide. L’approbation de l’Open VLD, qui a toujours refusé de faire partie d’une majorité sans la NVA, s’avère essentielle. « On est toujours dépendant des gens qui veulent voter pour nous au parlement », a réagi le président des Engagés. « Mon objectif est, sur base d’un projet ambitieux, avec des partenaires qui ont confiance et solidarité entre eux, de travailler à un projet ambitieux pour Bruxelles. Ma conviction, c’est que l’on trouvera une large majorité pour le défendre ».
Yvan Verougstraete a également mentionné que ce qu’il envisage s’apparentait à une « coalition Guinness ». « Je pense que c’est la coalition ‘Guinness’. Guinness Book des records. Parce que c’est le record du nombre de jours, c’est le record du nombre de partis. J’espère qu’on arrivera à huit partis au moins en fin de compte. C’est aussi le record du déficit à pouvoir compenser. Oui, c’est une coalition de tous les records, de tous les défis ».
Il a ajouté que des avancées avaient été accomplies, mais que ce travail n’était pas encore « finalisé ». « L’objectif est de pouvoir le co-construire avec les partis qui n’ont pas été associés jusqu’à présent. Ça va prendre du temps et nous allons travailler dur pour réduire ce temps au maximum car le temps joue contre nous : chaque mois, c’est 100 millions de dettes en plus sur le dos des Bruxellois », a-t-il expliqué. Cela représente près de deux milliards de dettes supplémentaires après dix-huit mois. Les Engagés espèrent voir des avancées significatives d’ici la fin de l’année, mais pas d’accord sous le sapin.
De nombreux défis attendent les Engagés et leurs futurs partenaires de coalition, que Yvan Verougstraete a qualifiée de « coalition Guinness ».

