France

Abattages massifs et fermes assiégées : la dermatose bovine inquiète l’agriculture.

Le conflit entre le gouvernement et les agriculteurs se poursuit, avec 108 cas de dermatose nodulaire contagieuse détectés depuis le 29 juin dans sept départements. La Coordination rurale et la Confédération paysanne jugent la politique d’abattage total « injuste et inefficace », et près de 200 agriculteurs en Ariège ont bloqué les routes pour empêcher l’euthanasie de 208 bovins liée à cette maladie.


Le conflit entre le gouvernement et les agriculteurs se poursuit. Depuis l’apparition de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) fin juin, la France a mis en place une stratégie drastique : abattage systématique des troupeaux touchés, restrictions strictes des mouvements de bétail et vaccination d’urgence dans les zones concernées. Le ministère de l’Agriculture assure que « la DNC est sous contrôle » et salue « l’efficacité » du dispositif.

Cependant, malgré la levée progressive de trois zones réglementées, des foyers continuent d’apparaître. 108 cas ont été détectés depuis le 29 juin dans sept départements, ce qui ravive les inquiétudes.

Un abattage « injuste et inefficace »

Bien que la maladie ne soit pas transmissible à l’humain, elle perturbe profondément le quotidien des exploitations. La récente identification de foyers dans des zones réglementées exacerbe les tensions. Le ministère évoque « des mouvements d’animaux, dont certains illicites », et promet un renforcement des contrôles. Ces résurgences soulèvent des interrogations pour le terrain agricole : comment expliquer que la maladie se diffuse malgré un périmètre de sécurité de 50 kilomètres autour des exploitations contaminées ? Plusieurs éleveurs dénoncent déjà des « trous dans la raquette » dans le dispositif de surveillance.

C’est surtout la politique d’abattage total qui suscite de vives réactions. Coordination rurale et Confédération paysanne la jugent « injuste et inefficace », et les manifestations s’intensifient. En Ariège, près de 200 agriculteurs ont bloqué les routes pour empêcher l’euthanasie de 208 bovins, liée à un cas de dermatose nodulaire contagieuse. Toutefois, le préfet de l’Ariège a annoncé mercredi matin que le troupeau concerné devait être abattu jeudi matin. Dans les Hautes-Pyrénées, une deuxième mobilisation se prépare après la découverte d’un nouveau cas. Les syndicats exigent la suspension immédiate du dépeuplement systématique.

Un protocole alternatif proposé

Face à la colère, les organisations agricoles proposent un protocole alternatif : n’abattre que les vaches contaminées, tester le reste du troupeau pendant quatre à six semaines et étendre la vaccination au-delà des zones réglementées. Cette approche est jugée plus respectueuse du travail des éleveurs et du bien-être animal. « La solution, c’est la vaccination, pas l’abattage », martèle Lionel Candelon, président de la Coordination rurale du Gers.

Cependant, la vaccination massive divise. Certains craignent qu’une immunisation généralisée ne compromette le statut indemne de la France, crucial pour l’exportation de bovins. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, souligne qu’une telle stratégie enverrait « un signal préoccupant » aux partenaires européens. Ce dilemme sanitaire et économique place les éleveurs dans une impasse.