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Licenciement de 70 % des salariés : un coup dur pour l’hydrogène en Europe

Symbio prévoit de supprimer 358 postes au sein de son usine située dans la banlieue lyonnaise, après que Stellantis a annoncé se mettre en retrait de ses projets liés à l’hydrogène cet été. Selon les informations de l’AFP confirmées par BFM Business, l’usine de Saint-Fons, près de Lyon, comptera désormais 148 postes, après cette réduction.


L’entreprise spécialisée dans l’hydrogène, Symbio, prévoit de supprimer 358 postes au sein de son usine de la banlieue lyonnaise, suite à l’annonce de Stellantis, l’un des actionnaires, de se retirer de ses projets liés à cette énergie cet été.

Cette décision a été communiquée le 16 juillet 2025 par un communiqué de presse de Stellantis, qui a déclaré sans ambiguïté : **« il n’y aura pas de nouveaux utilitaires à hydrogène dans la gamme Stellantis Pro One. »** La production en série, qui devait commencer cet été sur les sites de Hordain (France) et Gliwice (Pologne), a été annulée.

À ce moment-là, Stellantis justifiait sa décision en affirmant que le **« marché de l’hydrogène demeure un segment de niche, sans perspectives de rentabilité économique à moyen terme. »**

### Une technologie encore loin d’être mature et économiquement viable

Le groupe avait clairement expliqué les raisons de ce retrait en trois points : l’absence d’un réseau de ravitaillement adéquat, le coût de la technologie, et le manque d’incitations pour encourager les professionnels à investir.

Avec un prix deux à trois fois supérieur à celui d’un modèle thermique équivalent, associé à des contraintes significatives, l’argument du **« zéro émission »** ne tenait pas la route, **malgré un rendement pour le moment catastrophique et une production encore majoritairement très polluante.**

Stellantis impacte aussi l’usine de Saint-Fons, près de Lyon. Symbio prévoit de supprimer **358 postes sur les 506 que compte actuellement le site**, d’après des informations de l’AFP confirmées par BFM Business.

Cette coentreprise, détenue par Michelin, Forvia et Stellantis, subit de plein fouet les conséquences d’une stratégie mise à mal par le retrait brutal de Stellantis.

### Le divorce avec Stellantis, une bombe à retardement

Cette collaboration était encore récente. En décembre 2023, dans une ambiance d’euphorie, Symbio avait inauguré la plus grande usine européenne de piles à combustible.

L’État français avait investi 600 millions d’euros en subventions. Les objectifs étaient ambitieux : 15 000 systèmes prévus en 2024, et 50 000 dès 2026. **Le site devait fonctionner à 80 % pour Stellantis**, destiné à équiper ses utilitaires, bus et pick-up avec cette technologie innovante.

Cependant, en juillet dernier, la nouvelle a été brutale. Michelin, un autre actionnaire, a qualifié cette décision de **« inattendue, brutale et non concertée. »** Pour les salariés, cela a été un choc. Vincent Guilly, secrétaire CSE de Symbio, a souligné une dépendance excessive : **« Stellantis a cannibalisé nos équipes, tout le bureau d’étude ne travaillait plus que pour eux, on ne pouvait pas développer d’autres projets en parallèle. »**

Le constructeur a également évalué à **700 millions d’euros** le coût lié à l’abandon de son programme hydrogène.