Belgique

Subside wallon de 11,5 millions d’euros : Pierre-Yves Jeholet défend un financement pas un cadeau

Le dossier introduit par Pairi Daiza concerne un programme d’investissement de 106 millions d’euros, destiné à développer un centre aquatique d’environ 20.000 m² pouvant accueillir quelque 2.500 visiteurs. Sur cette base, la société était éligible à une aide de 10,85927%, soit 11,5 millions d’euros, ainsi qu’à une exonération d’un an du précompte immobilier.


Une aide financière qui suscite des interrogations en période d’économies. « Il ne s’agit absolument pas d’un ‘cadeau’, mais de l’application stricte d’un décret wallon de 2004, identique pour toutes les grandes entreprises qui déposent un dossier d’aide à l’investissement », a affirmé le ministre wallon de l’Économie, Pierre-Yves Jeholet.

Il a précisé que « le dossier introduit par Pairi Daiza a été traité par l’administration, sur la base d’une grille de critères objectifs : ampleur de l’investissement, création et qualité de l’emploi, retombées économiques. C’est cette analyse qui détermine le pourcentage d’aide, pas une décision politique discrétionnaire. »

Le dossier de Pairi Daiza concerne un programme d’investissement de 106 millions d’euros, destiné à développer une nouvelle activité économique : un centre aquatique d’environ 20 000 m² pouvant accueillir environ 2 500 visiteurs et rivaliser avec les plus grands parcs aquatiques européens.

« Cet investissement, financé par l’entreprise, permettra la création de 275 emplois. C’est précisément ce type de projets qui justifie l’existence du dispositif d’aides à l’investissement », a souligné Pierre-Yves Jeholet.

Sur cette base, la société était éligible à une aide de 10,85927 %, soit 11,5 millions d’euros, ainsi qu’à une exonération d’un an du précompte immobilier, a-t-il détaillé.

« Ces montants ne résultent d’aucune faveur : ils sont calculés mécaniquement selon les règles applicables. D’ailleurs, la totalité du subside ne sera octroyée, comme pour tous les dossiers, que si les critères sont respectés, notamment la création et le maintien de l’emploi. Parler de cadeau n’a donc pas de sens : nous sommes face à un investissement privé de plus de 100 millions d’euros, créateur d’emplois et de retombées économiques régionales, soutenu dans un cadre légal », a encore insisté le ministre.

Il a ajouté : « J’ai toujours défendu ceux qui entreprennent, qui créent de l’activité, de l’emploi et qui contribuent à l’image de la Wallonie à l’étranger. Tout est réuni avec Pairi Daiza. Je suis convaincu par sa plus-value pour l’économie wallonne et je souhaiterais voir plus d’investisseurs de ce type. »

En commission du parlement wallon, ce mardi après-midi, il a répété sa défense face à des députés de l’opposition sceptiques. « Pendant que le gouvernement wallon détruit les emplois locaux, les emplois associatifs et enterre les communes, il donne des cadeaux à une société détenue par Marc Coucke et Éric Domb, deux des plus grosses fortunes du pays. Si chaque euro doit être bien utilisé dans le domaine social, ça doit aussi l’être pour les grandes entreprises », a pointé Germain Mugemangango, chef de groupe du PTB.

« Donner un subside à une entreprise qui a réalisé un chiffre d’affaires de 138 millions d’euros, un bénéfice de 16 millions en 2024 et qui a augmenté son dividende de 7 %, ça pose question », a ajouté Dorothée De Rodder, pour le PS. « Dans le contexte qui nous occupe depuis des semaines, quand on parle d’emplois perdus, de PME qui ont du mal à résister à l’austérité, est-ce que c’est bien raisonnable de distribuer de l’argent public pour les projets d’expansion d’une entreprise largement bénéficiaire ? Il vous manque la barbe et le petit chapeau pour jouer au Père Noël », a-t-elle ironisé.

Pierre-Yves Jeholet a répondu : « Est-ce que certains ont un œuf à peler avec Pairi Daiza ? Pourquoi ce dossier-là et pas d’autres ? Vos réactions m’étonnent fortement. Je suis assez estomaqué que certains partis semblent vouloir supprimer les aides à l’investissement, les aides à la recherche, les aides aux entreprises. Nous sommes très fiers de nos biotechs, de nos entreprises pharmaceutiques. Qu’est-ce qu’on va leur dire ? Vous êtes bénéficiaires, donc, les aides, c’est fini ? »

Il s’est enfin emporté : « Je suis fâché contre cette attaque en règle contre une personne. Venir s’en prendre à un investisseur comme ça, ça fait mal. » Le ministre a insinué que les critiques de l’opposition visaient principalement Marc Coucke, investisseur flamand détenant environ 30 % de Pairi Daiza.