Le Qatar et l’Égypte demandent le retrait des troupes israéliennes à Gaza.
Le retrait des troupes israéliennes du territoire palestinien et le déploiement rapide d’une force internationale de stabilisation sont réclamés par le Qatar et l’Égypte dans le cadre de la deuxième phase du plan du président Donald Trump pour mettre fin à la guerre. L’attaque du 7 octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, tandis que l’offensive israélienne en représailles a fait 70.354 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas.
Le retrait des troupes israéliennes du territoire palestinien et le déploiement rapide d’une force internationale de stabilisation, qui ont été demandés ce samedi par le Qatar et l’Égypte, ne constituent qu’une partie de la deuxième phase du plan du président Donald Trump pour mettre fin à la guerre.
La première phase du plan prévoyait, avec l’entrée en vigueur d’une trêve le 10 octobre, la restitution des otages vivants et décédés retenus à Gaza, en échange de centaines de prisonniers palestiniens détenus en Israël. À compter de mercredi, il ne reste plus qu’un seul corps d’otage à Gaza. Cette phase incluait également un retrait partiel des forces israéliennes de Gaza, qui ont conservé le contrôle d’environ 50 % du territoire.
« Nous sommes à un moment critique (…) Nous ne pouvons pas encore considérer qu’il y a un cessez-le-feu, un cessez-le-feu ne peut être complet qu’avec le retrait total des forces israéliennes, (et) un retour de la stabilité à Gaza », a déclaré le Premier ministre qatari Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, lors d’une conférence à Doha samedi. « En ce moment, nous (…) le Qatar, la Turquie, l’Égypte, avec les États-Unis, nous nous réunissons pour faire avancer la prochaine phase », a-t-il ajouté.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty et son homologue qatari ont « souligné l’importance de poursuivre les efforts visant à mettre en œuvre l’accord de paix (…) dans toutes ses étapes », a également indiqué le ministère égyptien, après une rencontre entre les deux hommes en marge de la conférence.
Le Hamas écarte un désarmement immédiat
La deuxième étape du plan, qui n’a pas encore été approuvée, prévoit également le désarmement du Hamas. Cependant, le mouvement islamiste palestinien a déclaré samedi soir qu’il était prêt à remettre ses armes dans la bande de Gaza à une autorité palestinienne gouvernant ce territoire, à condition que cesse son occupation par l’armée israélienne.
« Nos armes sont liées à l’existence de l’occupation et de l’agression », a déclaré dans un communiqué Khalil al-Hayya, chef du Hamas pour Gaza et principal négociateur du mouvement islamiste palestinien, qui ajoute : « si l’occupation prend fin, ces armes seront placées sous l’autorité de l’État. »
Interrogé par l’AFP, le bureau de M. Hayya a précisé qu’il parlait d’un État de Palestine souverain et indépendant. Le chef du Hamas a en outre signifié clairement le refus de son mouvement du déploiement d’une force internationale dans la bande de Gaza qui aurait pour mission de le désarmer. « Nous acceptons le déploiement de forces de l’ONU en tant que forces de séparation, chargées de surveiller les frontières et de veiller au respect du cessez-le-feu à Gaza », a-t-il précisé.
Des discussions sur la structure de cette force internationale de stabilisation et les pays qui pourraient y participer sont en cours, a affirmé le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, également présent à Doha. Israël s’oppose à la présence de forces turques en son sein, jugeant la Turquie trop proche du Hamas. Le premier objectif de cette force doit être « de séparer les Palestiniens des Israéliens », a souligné M. Fidan.
Les chefs de la diplomatie égyptienne et qatari ont appelé à « la formation rapide » de cette force de sécurité, a indiqué le ministère égyptien. Les pays arabes et musulmans hésitent à participer à cette nouvelle force, qui pourrait mener à des combats contre des Palestiniens.
La trêve reste très fragile sur le territoire palestinien dévasté. Israël a bombardé à plusieurs reprises la bande de Gaza, tuant plusieurs centaines de personnes selon la défense civile locale (organisme de secours opérant sous l’autorité du Hamas), en représailles, selon lui, à des violations du cessez-le-feu commises par le mouvement islamiste palestinien.
Le ministre turc des Affaires étrangères a jugé que « le désarmement » du Hamas « ne peut pas être la première chose à faire dans le processus ». « Nous devons procéder dans le bon ordre, nous devons être réalistes », a-t-il déclaré.
Pas de « déplacement » des Gazaouis
Le ministre égyptien a par ailleurs réaffirmé que le poste-frontière de Rafah entre Gaza et l’Égypte, dont la réouverture est prévue par l’accord de trêve, ne servirait pas « au déplacement » de la population palestinienne mais « uniquement à acheminer l’aide humanitaire et médicale ».
L’Égypte, le Qatar et six autres pays à majorité musulmane ont exprimé vendredi leur « profonde inquiétude » après l’annonce par Israël qu’il allait ouvrir ce passage mais exclusivement pour sortir du territoire palestinien.
Le Caire avait rapidement démenti avoir accepté une telle mesure, insistant pour que ce passage stratégique soit ouvert dans les deux sens.
L’attaque du 7 octobre a entraîné côté israélien la mort de 1 221 personnes, principalement des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de chiffres officiels. L’offensive israélienne menée en représailles a fait 70 354 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas jugés fiables par l’ONU.

