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L’Algérie rejette « catégoriquement les ultimatums et menaces » de la France

Le pays « appliquera une réciprocité stricte et immédiate à toutes les restrictions apportées aux mobilités entre l’Algérie et la France », a affirmé le ministère des affaires étrangères algérien.

Face à des positions françaises jugées illisibles, l’Algérie estime être la cible d’une « cabale » et paraît en attente d’une intervention du président français, Emmanuel Macron. Dénonçant une « extrême droite française revancharde et haineuse », accusée d’attiser les flammes, le ministère des affaires étrangères algérien a affirmé jeudi qu’Alger s’était astreint au « calme » et à la « retenue » face à l’« escalade » française. « L’Algérie n’a pris l’initiative d’aucune rupture », a dit le ministère dans un communiqué.

Un peu plus tôt, le même ministère avait fait savoir qu’il rejettait « catégoriquement les ultimatums et les menaces » de la France, après que Paris a menacé mercredi de remettre en cause les accords de 1968 qui accordent un statut particulier unique pour les Algériens.

Le questionnement de ces accords, qui facilitent les conditions de séjour, de circulation et d’emploi des Algériens, illustre les tensions croissantes entre les deux pays, ravivées par l’attentat de Mulhouse. « Dans la montée en cadence de l’escalade (…), l’Algérie n’a pris l’initiative d’aucune rupture et a laissé la partie française en assumer seule la responsabilité pleine et entière », fait savoir le ministère algérien dans un communiqué.

« Une même remise en cause des autres accords et protocoles »

S’exprimant à l’issue d’un comité interministériel sur l’immigration, le premier ministre français avait toutefois assuré mercredi que son « idée n’était pas du tout l’escalade » avec l’Algérie. « Les victimes de Mulhouse (…) sont les victimes directes du refus d’application de ces accords » avec l’Algérie, a affirmé M. Bayrou, selon qui le suspect avait été présenté « quatorze fois » aux autorités algériennes, qui ont toujours refusé de le reprendre.

La France, a-t-il alors déclaré, va demander à Alger « que soit réexaminée la totalité des accords et la manière dont [ils] sont exécutés », avec un délai d’« un mois, six semaines ». « Pendant ce temps, va être présenté au gouvernement algérien une liste d’“urgence” de personnes qui doivent pouvoir retourner dans leur pays et que nous considérons comme particulièrement sensibles », a-t-il ajouté, sans en préciser le nombre.

L’Algérie « appliquera une réciprocité stricte et immédiate à toutes les restrictions apportées aux mobilités entre l’Algérie et la France », a réagi jeudi le ministère des affaires étrangères algérien. « Toute remise en cause de l’accord de 1968 (…) sera suivie de la part de l’Algérie d’une même remise en cause des autres accords et protocoles de même nature », disant laisser la partie française assumer la « responsabilité pleine et entière » d’une rupture a-t-il conclu .